jeudi 30 juin 2011

Le paradoxe du licenciement

Ah, perdre son emploi, cette disgrâce sociale. Paradoxalement, pas mal de gens rêvent de se la couler douce. Enfin, en tout cas, au moins les 20 millions qui jouent régulièrement au loto. 



Je voulais réfléchir un petit peu sur le licenciement.


Il y a des propos pas très socialement acceptables là-dedans, mais ce serait un comble que les 4 lecteurs de ce blog soient d'esprit chagrin.

En France, on peut pas vraiment licencier les gens, par exemple, parce qu'ils ne nous plaisent pas. 

Si on le fait, on s'expose à des indemnités tranchées aux prud'hommes qui sont très élevées, par exemple 50 000 € par salarié pour les "conti".

Cette situation me rappelle un peu celles des femmes il y a un siècle : leur époux pouvait les répudier et prendre une autre femme, mais en aucun cas elles ne pouvaient le quitter. Un salarié peut donner sa démission à tout moment. Un patron, ne peut pas à tout moment se séparer d'un salarié, sauf à avoir provisionné une somme absurde. 

Donc en général ce que font les patrons, c'est qu'ils découragent le salarié à poursuivre et le poussent à la démission. Par exemple en lui donnant un job inutile, ou rien du tout, ou dégradant (quoique là encore, c'est très réglementé, dans le labyrinthe des 36 000, this is not a joke, articles du code du travail français, contre les 60 existant en Suisse). S'engage un bras de fer pas facile qui aboutit soit à la démission (précédée de divers congés maladie) soit à un accord transactionnel. ("je te donne tant, et tu me fiches la paix")

Ce n'est pas très sain. Je suis d'avis d'ailleurs qu'on embaucherait plus facilement si on pouvait licencier plus facilement, mais là même des gens de droite vont me lancer des briques, c'est pour cela que je n'évoque ce sujet qu'avec des gens qui ont eu des salariés, ou plutôt, je ne l'évoque pas, tant c'est une évidence réelle.

Creusons un peu le sujet à la recherche du paradoxe.

Qui défend cette "difficulté à licencier" et qui voudrait idéalement atteindre la "garantie totale de l'emploi à vie" ?

Réponse : Les partis de gauche et d'extrême gauche, qui ont pour ennemi le système dit "capitaliste" ou d'une façon plus générale ou plus gauchiste "le système".

Maintenant pour quelle raison lorsque l'on combat le système capitaliste voudrait-on empêcher le licenciement ? 

Réponse : Pour maintenir le niveau de vie du salarié. Vous vous rendez compte, s'il perd son emploi, comment va-t-il manger...etc... 

Vraiment ? Va-t-il mourir de faim s'il perd son emploi ? En fait "maintenir le niveau de vie" veut dire en France : 

1) accéder à des biens de consommation devenus essentiels (bien culturels...etc...) 
2) payer son loyer mais en fait dans 80% des cas cela signifie payer des traites à sa banque pour rembourser le prêt qui a permis d'acheter son logement. 
3) éventuellement, aller en vacances, à la mer ou au ski.



Donc en fait les défenseurs de la difficulté de licencier permettent paradoxalement d'encourager la consommation et surtout de contribuer à la folie générale de l'immobilier. 

Par exemple, plus de 80% des employés de la Poste, qui dieu sait ne sont pas idéologiquement les défenseurs du système bancaire, ont accédé à la propriété.

Donc, les meneurs d'idées "anticapitalistes" sont en fait des dérivatifs qui permettent au contraire de protéger le système capitaliste. (c'est d'ailleurs pourquoi on peut encore les voir à la TV, le système est trop malin amis gauchistes)

Parce qu'au final, l'anticapitalisme, la décroissance, ne passe pas par le partage des richesses ou du capital mais par sa négation. Maintenant, je veux bien poser des bombes, mais pourquoi se priver de tout le bonheur que nous apporte l'argent, comme les jeux vidéo ou les pizzas ?


Bon, en voilà un discours un peu triste. Pour rester dans l'idée et être joyeux et culturel, je ne vous renvoie non pas vers Marx mais vers l'iconoclaste Rob Grant, le même Grant de Grant Naylor du Red Dwarf (aucun rapport avec le drapeau rouge).


Rob Grant a écrit un livre épatant et drôle, titré Incompétence. (il y a une faute dans le titre, c'est fait exprès).


Rob Grant imagine dans un futur dystopique une Europe où les lois sociales interdisent le licenciement. Même si vous êtes incompétent. En fait, notamment si vous êtes incompétent, la loi est très précise là dessus ! Pour n'importe quelle raison.

Ainsi, tous les services sont complètement incompétents et se laissent aller. Le pauvre héros patauge dans un roman noir encombré d'ascenseurs en panne, de services de location de voitures sans voitures, d'hôtels sans aucun service ni chambre libre (Wait a minute...c'est déjà la réalité, ça !). 

Bon, c'est très marrant, à lire pour vous détendre pendant que vous patientez sur la hotline de votre provider.

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