mardi 16 août 2011

Dites moi quelle histoire vous préférez, je vous dirai de quoi vous souffrez.

Vous êtes fan d'un univers imaginaire en particulier ?

Le bon docteur Sigmund Fibre est là pour vous analyser.

Ayez confiance

Allongez-vous donc sur ce divan et parlez-moi donc votre univers préféré.

Cher docteur, j'aime les histoires avec des hordes de zombies qui tuent des humains, est-ce grave ?

Et bien, vous considérez manifestement la société avec laquelle vous interagissez comme un vecteur d'oppression. Vous vous sentez au plus profond de vous différent, avec une personnalité lumineuse, atypique. Vous craignez qu'au contact de cette société monolithique ce qui fait de vous une personne unique disparaisse ; pour vous la communication et l'économie sont des agressions.

Vous vous sentez très seul et vous souhaitez plus que tout trouver des personnes qui sont dans votre cas. Vous savez qu'inévitablement cette société aura le dessus mais vous compter lutter et garder votre continuité de personnalité.

On n'est jamais assez prêt

Pour vous la science, la communication, l'évitement du conflit, le fatalisme sont des impasses. Pour vous la vie est une épreuve belle et nécessaire qui permet d'exprimer ces sentiments.

Comment vous soigner :

Il faut renforcer votre estime de vous et conquérir votre place dans la société par des réussites professionnelles et personnelles. C'est quand vous serez "l'employé du mois" tout en sachant que ce type de récompense est réellement dérisoire que vous aurez un point de vue très élevé sur la société, hors d'atteinte des phobies qui vous dévorent.
Regardez autour de vous : vous n'êtes pas seul car nous le sommes tous.


Docteur, j'aime les histoires avec des vampires, ça veut dire quoi ?

Vous êtes une personne sensible, dotée d'une sexualité précoce avec laquelle vous entretenez des rapports ambigus. Vous êtes mal dans votre peau et vous fantasmez d'une personne qui aurait un rapport charnel avec vous détaché de tout sentiment mais surtout de toute attirance physique : quelqu'un qui vous traite comme un objet sexuel mais vous considère comme une source de sa propre survie.

Vous estimez qu'il y a une force motrice des relations humaines plus grande que le sexe ou l'amour, celle de l'intellect ou de l'âme, pratiquement du mystique qu'il y a en nous tous.


Nicolas Cage ne voit plus le jour

D'une façon générale, vous fuyez les codes imposés par la société et utilisez une approche paradoxale, voire perverse. Vous estimez que les endroits porteurs de morbidité ou lugubres sont les lieux particuliers où vous pourrez trouver cette mystique que vous cherchez car justement la population en général les fuit ou les craint et cette même population est ignorante de ce qui apporte ce que vous estimez être la transcendance de l'âme.

Comment vous soigner :

Il faut diversifier vos lectures sur la relation humaine et l'amour. Il faut comprendre que les magazines féminins sont la plus grande source de fiction jamais produite et que les stéréotypes qu'ils transmettent sont calibrés pour vous faire souffrir et vous pousser à la dépendance.


Docteur Fibre, mon truc ce sont les histoires de complots, je vais bien ?

Pour une raison ou pour une autre, vous avez subi un échec scolaire ou professionnel, ou ponctuellement, vous avez eu le sentiment d'être exclu intellectuellement ou socialement.
Vous avez peut-être subi l'influence d'un père, d'un ami, d'un grand frère brillant et vous avez souffert de ne pas avoir été à son niveau lorsque vous étiez à ses cotés.

Votre petite folie, c'est de vouloir un contrôle absolu sur le monde pourtant chaotique qui vous entoure. Ainsi, vous avez une explication personnelle sur les faits qui nous entourent, qu'ils soient anecdotiques ou d'importance.

Les histoires de complot vous confortent car elles montrent que vous n'êtes pas seul à fonctionner ainsi mentalement. Vous êtes néanmoins fataliste sur le fait qu'on ne peut rien y faire, la meilleure preuve étant que vous ne pouvez même pas mettre de nom sur les comploteurs, et pour cause, ils n'existent que pour vous.


Vos amis


Vous estimez que le monde est froid et vous ignore. Imaginer qu'en secret des gens complotent à votre perte crée un lien pervers entre eux et vous, et vous donne le sentiment de ne plus être seul.

Comment faire pour vous soigner :

Prenez de la confiance en vous en observant ce que vous avez fait ou être capable de faire plutôt que ce que les autres font.
Observez le monde sur les faits. N'attribuez pas à l'intelligence ce qui est fait par de la bêtise.
Regardez comme il est difficile d'organiser un goûter d'anniversaire pour votre petite nièce et imaginez comme il est difficile, voire impossible d'organiser une association
mondiale pour faire des manipulations secrètes. Regardez comme toutes les histoires de complot sont nazes dans les séries.


Bon, je fantasme sur les histoires dans des futurs post-apocalyptiques, est-ce grave ?

Vous avez été déçu de la société actuelle sur plusieurs plans. Vous côtoyez des gens qui courent après des objectifs comme l'argent, la reconnaissance, les vacances au ski... qui vous semblent dérisoires. Vous avez constaté que certaines personnes rencontrent le succès par piston et cela vous dégoûte. Enfin, vous avez peu confiance en la science et au progrès en général, estimant qu'au fil du temps, le progrès technologique corrompt l'homme et apportera sa perte.

Vous rêvez d'un monde où la survie est apportée par la compétence intrinsèque. D'un monde moins peuplé, que vous pouvez cerner. Cette volonté de contrôle s'étend même dans des scénarios personnels que vous faites, et à chaque fois que vous stockez de l'eau ou de le farine plutôt que de lire un roman, vous avez le sentiment d'avoir œuvré à votre propre survie.


Fini le stress du périph


Enfin, vous vous estimez en échec social ou professionnel. Une apocalypse serait pour vous l'occasion idéale de repartir de zéro, une nouvelle chance, sans le poids de vos erreurs passées.

Comment vous soigner :

C'est difficile, mais il faut accepter la société telle qu'elle est. Vous pouvez être créateur d'une apocalypse sociale pour vous même, et changer votre environnement en un monde meilleur. Vous pouvez tenter de comprendre que la quête de l'argent, le succès par le réseau sont des fatalités des hommes auxquelles vous succomberez un jour et qui sont aussi issues de la souffrance de votre prochain.
Enfin, ne niez pas le confort permanent de la société moderne. Imaginez vous dans une forêt à courir derrière un lapin, le ventre vide, avec une rage de dents...


Docteur, je regarde des dessins animés, j'appelle cela des anime. Suis-je normal ?

La société occidentale a historiquement fait une dichotomie forte entre enfants et adultes, avec des "jouets pour enfants" et des "jouets pour adultes". La popularisation de l'anime a rendu cette délimitation très floue en traitant des thèmes sexuels ou violents dans un support habituellement réservé aux jeunes.

Vous appréciez cet état de fait car pour vous il y a une continuité absolue entre l'enfant et l'adulte et créer ces deux catégories est un mensonge. Plus fort encore, le traitement de thèmes matures comme le viol, l'homosexualité, la difficulté à s'intégrer socialement est particulièrement mise en exergue dans un support qui culturellement est dédié à l'enfant.

Par son caractère codifié et répétitif, la culture anime vous semble facile à saisir dans son ensemble et vous vous plaisez à manipuler des concepts modernes, artificiels, à votre image, plutôt que des concepts hérités de votre propre culture.

Vous appréciez une belle image ou une belle musique, vous avez besoin de vous immerger régulièrement et profondément dans des univers lointains. Last but not least, la sexualité ou la violence sont pour vous des domaines qui vous font un peu peur et que vous avez du mal à appréhender. Il y a dans les anime la désacralisation de ces thèmes pour que vous puissiez mieux vous les approprier.


Un WTF permanent


Enfin, l'histoire récurrente d'un jeune homme pas bien dans sa peau qui devient un super-héros par le biais d'un deus ex machina (notez le machina) est une histoire qui bien sûr vous fait fantasmer.

Comment vous soigner :

Déjà, consommez-en moins. Essayez de consacrer votre temps qu'à ce qu'il y a de meilleur en tout domaine. Plongez vous dans la culture de ce Japon qui a produit de l'anime et tentez de voir quelle part d'authenticité réside dans ces œuvres. Dites vous bien qu'il existe une réelle dichotomie entre l'enfant et l'adulte : l'adulte a vu la laideur du monde. Et que c'est parce que vous l'avez vu vous-même que vous préférez parfois regarder un anime que ce monde terrifiant.


Docteur Sigmund Fibre, j'aime Star Trek. Suis-je une personne normale ?

Et bien vous éprouvez une foi sans faille dans la science, le progrès et l'homme, à tel point que la science est pour vous un hobby, une passion ou même votre métier.

Vous estimez que la seule issue d'une situation est la paix et non le conflit, conflit qui de toute façon génère chez vous une gêne voire une peur panique. Vous aimez les grands projets et les héros conquérants de la culture occidentale classique.

Vous êtes fragile face à une société sans merci et vous cherchez vos pairs, ou à la dominer par la puissance de votre savoir et non de votre astuce.


Votre meilleur ami


Vous vous sentez seul et la perspective qu'il existe des mondes ou un futur lointain qui adopterait votre vision de l'humanité vous rassure.

Comment vous soigner :

Vous croyez au progrès vecteur de paix. Vous souffrirez nécessairement dans ce "monde étrange" qu'est le nôtre. Je pourrais vous dire de faire comme votre prochain, à savoir de prendre l'argent au nez et à la barbe du plus faible et de courir en riant, mais ce ne serait pas aider l'humanité, car elle a besoin de gens qui croient en la science, qui croient en la paix, et qui croient en l'Homme.

Alors ne changez pas, vous êtes très bien.