samedi 6 août 2011

Super 8 IRL

Je reviens d'avoir vu Super 8.

Je vais pas vous dire si c'est un chouette film ou pas, des tas de critiques super au point sur le cinéma jeunesse hollywoodien des années 80 vont vous écrire des thèses fascinantes dessus.




Moi j'ai bien aimé, j'ai toujours aimé les histoires de bandes de gamins qui vivent une chouette aventure depuis que j'ai vu les Goonies au ciné, à une époque où j'habitais près de la mer dans un ville qui était le port d'attache d'un corsaire. De quoi faire rêver le gamin que j'étais - et qui rêve encore.

En fait je suis devenu obsédé par les histoires d'aventures, je comprends maintenant que je voulais surtout avoir une bande d'amis (ou une petite amie) plutôt que les aventures, mais ce n'était pas très clair, du coup j'ai toujours cherché les aventures.

Par exemple mon lycée était immense (3000 élèves, 5 surveillants, et jamais une bagarre. Parce qu'en fait en superficie il pouvait en accueillir le double, et du coup, si vous n'aimiez pas quelqu'un, plutôt que lui taper dessus, vous alliez à l'autre bout du Lycée. Cela a été la plus belle démonstration de l'instauration de la paix sur le jeu de la pression de population que j'ai jamais eue) et il y avait des souterrains. Cette découverte faite, je passais mes samedis avec une lampe torche et deux ou trois losers à arpenter des lieux insalubres et des pièces secrètes où des générations avant d'autres étaient venus. 




L'amie de l'aventurier


J'ai battu de mon pied d'immenses forêts à la recherche de souterrains entre certains châteaux pour y trouver des cryptes médiévales et des trésors, pour trouver des terriers de blaireaux et de renards ; pas plus tard que l'été dernier, je cherchais des boulets de canon enfouis dans des gangues de minéraux en méditerranée pour obtenir des piqûres de méduses. J'ai appris le latin et le grec, j'avais photocopié en immense la pierre de rosette pour en traduire la version grecque from scratch, en me plantant dès le premier mot en prévision de quand-je-déterrerai-des-trésors.




Voilà, dans cette lignée j'ai toujours pris de deux choix le plus difficile, en me fiant à des proverbes idiots. Je suis allé jeune devant des tribunaux, je n'avais pas encore ma première cravate quand j'ai tenu la barre pour la première fois me défendre, j'ai connu jeune des longues tables de réunion avec un avocat à chaque bout et des plafonds gigantesques, j'ai enterré des membres de ma famille entre deux problèmes professionnels, je n'ai pas compris qui aimer et comment le lui dire, je n'ai pas eu de chance. J'ai appris que les responsabilités sont la plaie d'un homme responsable et que non merci, je ne veux plus avoir ce que vous appelez "une vie intéressante".

Quand Super 8 s'est terminé, après un générique qui comme vous le verrez passe agréablement vite et bien, il n'y avait plus personne dans la salle et c'était la dernière séance. Je suis allé seul devant l'immense écran blanc, je l'ai touché, il était poreux. J'ai fait un petit pas de danse.



En sortant de la séance, j'étais avec des gens et je leur ai dit, avec cette flamme spéciale de ceux qui racontent des histoires passionnantes, je leur ai dit que j'allais les faire passer par une rue spéciale dans laquelle il y avait des courses de voitures illégales, oui, de sport qui ronflent comme dans Fast & Furious, avec la fille en mini short qui donne le top départ, et que dans cette rue il y aurait aussi un dragon immense et des boites branchées super classes style Maisonnette 9 dans GTA.

Bon ils m'ont accompagné sans y croire un seul instant, bien entendu.

Et vous savez quoi ?

Il y a eu une course de voiture illégale, sous nos yeux.
Il y a eu cette immense statue de dragon, et quand je dis immense, il fallait être trois pour ceindre son cou en se tenant la main.
Il y a eu cette boite incroyable devant laquelle nous semblions pouilleux et qui passait la musique de GTA : Gay Tony.

On s'est séparés, ils n'ont pas pu voir d'autres choses étonnantes et propices à l'aventure : des autruches qui dormaient, le cou relevé, ce bâtiment du siècle dernier à l'abandon au sein du Jardin des Plantes et qui a minuit, à son dernier étage, avait une pièce allumée, et cette immense fresque découpant un bâtiment entier représentant la ceinture de feu qui traverse la planète terre. S'il n'y avait pas eu tant de pollution lumineuse, j'aurais pu voir la pluie d'étoiles filantes.

J'ai à peu près l'âge de JJ.Abrams. Lui, il fait ces supers films et boit l'émerveillement de son enfance. Moi, je suis un pauvre type englué dans les ennuis. Peut-être parce que j'ai, comme tous les pauvres types sur la terre, oublié trop longtemps que l'aventure, le mystère, l'émerveillement, en fait, sont partout où l'on peut poser les yeux.

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