dimanche 11 août 2013

Chroniques Internet Studio404 et + Obs : Le FibreTigre Summer Mix

Hello,

J'ai rédigé quelques chroniques cet été que vous trouverez sur la page FB de Studio 404 :

https://www.facebook.com/studio404podcast?ref=hl

J'en ai profité pour mêler des sujets qui me tiennent à coeur (kickstarter, l'empreinte électromagnétique...) mais qui ne sont pas ordinairement très intéressants (ou du moins qui n'intéressent pas trop les supports !)

Voilà les sujets :

Kickstarter 1 (ce sera le feuilleton fleuve de l'été !)
Le 3 Juillet 2013


Bonjour,

C'est FibreTigre qui parle. 

Donc on est tous là à se branler gentiment sur kickstarter, et Tim Shafer créateur de bons jeux mais hélas de moins en moins bons au fil du temps, pond un kickstarter avec Ron Gilbert.

Ils demandent 400 000 $ pour faire un putain de jeu d'aventure et vraisemblablement ils ont besoin de construire une fusée spatiale ou une aciérie pour aligner les lignes de code.

Ils réunissent 3 millions de $ en crowdfunding.

Hectolitres de sperme dans tous les sens, fanboys idiots qui participent joyeusement à la love money party en rêvant d'un psychonauts 2 ou d'un monkey island revival, et surtout escrocs kickstarteriens qui se disent donnay moi de la monnay aussi.

Après quelques mois / années de rien sinon un trailer moche comme la homepage de cdiscount, Tim Shafer, à l'aise dans ses baskets, se fend d'un communiqué geignard disant qu'il va manquer d'argent pour finir son jeu.

J'espère que vous saurez tirer les leçons de cette triste histoire.


Vérité et Mensonges sur les réseaux
24 juillet 2013

Il est impossible de contredire une information numérique en temps réel.

Effectivement, si je vous dis quelque chose, non seulement aucune contradiction pertinente et documentée peut-être élevée immédiatement, mais de toute façon, cette contradiction même non fondée sera moins rapide que les retweets / partages et sa propagation virale.

Enfin, même si une contradiction étayée arrive, qui nous dit que cette contradiction est aussi vraie et vérifiable ? 

A ce constat il faut néanmoins opposer deux éléments.

Tout d'abord, la vérité absolue n'intéresse personne. La vérité ne provoque pas la réflexion ni le travail critique de l'esprit, elle est subie comme une photographie neutre ou une loi.

La vérité n'intéresse que les philosophes. 

En revanche, une information fébrile permet d'exercer l'esprit critique et même plus : chacun peut apporter sa pierre et donc donner sa part d'immortalité dans l'information qui ainsi se propage. L'information non exacte devient alors un jeu social massif où les gens conquiert leur part d'existence en s'échangeant des mots plutôt que des coups.

Deuxième point, la facilité de produire une information totalement fausse lui retire toute valeur. De plus, n'étant pas inscrite dans un contexte de vérité, elle meurt après une demi-journée d'existence, ce qui correspond au cycle de vie maximum d'un buzz d'actualité actuellement. Ainsi, paradoxalement, une information totalement fausse n'arrive pas à survivre par rapport à une information ou apparaîtrait un petit éclat de vérité. 

C'était FibreTigre, en direct de ses vacances.


Internet et Orientations Technologiques
25 Juillet 2013


On dit parfois que les nouvelles technologies emprisonnent l'homme, mais on pourrait dire aussi : emprisonnent-elles l'humanité, au sens biologique ?

Depuis les années 60 nous avons essayé d'envoyer des hommes dans l'espace. D'abord la Lune, et, dans les années 1980, on pensait à Mars. 

Mais l'internet est arrivé, et au lieu de regarder les étoiles, nous nous sommes regardés nous-mêmes (ce qui est bon également !). 

Aujourd'hui, les projets spatiaux n'existent que par leur existence sur Facebook / Twitter / Tumblr. On est curieux de curiosity parce que la science valorise notre persona numérique, parce qu'on est épatés qu'un robot sur une autre planète nous tweete, mais pas parce que le futur est dans les étoiles.

Parce que l'enjeu économique et social, n'est plus dans les étoiles, il est dans les liens que tissent les réseaux sociaux et numériques. C'est là qu'on innove. 

Peut-être ce n'est qu'un passage, et que dans 30 ans l'homme posera le pied sur Mars. Mais peut-être l'humanité trouvera sa finalité dans ses échanges culturels internes, s'adaptera à la Terre, réduira sa population, et prospérera sur son unique caillou dans l'espace. 

Peut-être aussi que la mixité, voire l’homogénéisation culturelle due aux réseaux sociaux est une étape importante et prioritaire de la maturation de l'humanité avant que nous ayons l'arrogance de coloniser de nouveaux mondes. 

Peut-être, face à l'hostilité tapie dans le secret du cosmos, c'est une étape indispensable qui permet d'unir une race qui finalement n'a fait que se quereller tout au long de son histoire.

C'était FibreTigre, qui s'ennuie en vacances.


Kickstarter 2
27 Juillet 2013


C'est FibreTigre.

Le + obs a refusé que je fasse le sujet. 
La rédaction de 404 a refusé que j'en parle.
Et pourtant, chaque jour, Kickstarter fait des millions de victimes.
J'en a déjà parlé ici, mais voilà un nouvel évènement éloquent :

Un projet a été kickstarté à 120 K$, et l'équipe a tout dilapidé sans rien produire.
Le système, que l'on croyait protégé, en Amérique, par la Class Action, trouve ici ses limites : une class action contre qui, et pour récupérer quoi ?

Le Crowdfunding est juste le démon de l'arnaque dans de nouveaux habits blancs. Ne vous laissez pas prendre.

http://www.gizmodo.fr/2013/07/26/kickstarter-fail.html


L'Empreinte Electromagnetique
le 28 Juillet 2


NABILLA ET L'EMPREINTE ELECTROMAGNETIQUE
aka l'héritage de l'humanité
aka nous sommes le beauf relou dans la discothèque de l'univers

Alors Nicolas Hulot il fait ouin ouin vous utilisez des hélicoptères pensez à l'empreinte carbone, et bien moi, FibreTigre, 

--> J'ACCUSE <---

vous tous de polluer l'image de l'humanité avec votre comportement irresponsable.

Passer à la télévision ou à la radio (sur internet, vous pouvez encore faire tout ce que vous voulez), c'est une RESPONSABILITÉ.

Et ce n'est pas une responsabilité vis à vis de vous même ou des autres humains, mais une responsabilité vis à vis des intelligences lointaines qui captent, de la même façon que la lumière de notre soleil, vos débats sans fin, sans fond, sans fard.

A chaque bêtise que vous proférez pour acquérir vos 15 minutes de gloire, votre idiotie se fait l'ambassadrice, à 300 000 km/s, dans toutes les directions, de l'humanité. 

On peut se faire l'avocat du diable, et dire que finalement, ces clichés médiatiques pris malgré nous sont la photo la plus spontanée, et donc fidèle, de notre culture. Mais non, la fidélité n'est pas la spontanéité, et la fidélité, notre reflet, n'est pas l'idéal vers lequel nous tendons face aux questions métaphysiques.

Nous serons fatalement jugés sur ce théâtre dérisoire. Est-ce le message que nous voulons envoyer ? 

Laissez-moi vous poser une simple question : si demain nous captions un message d'une entité extraterrestre, et que ce message soit de l'ordre de "En septembre hihihi la bio de Nabilla", que penseriez-vous de ces aliens ? 
Ce serait un vrai drame, car au lieu de trouver l'élévation, nous trouverions l’abîme, car au lieu, enfin, de trouver l'altérité qui fasse évoluer l'humanité nous nous retrouverions, désespérement SEULS.

Car quel intérêt de les comprendre ? En ce monde, il vaut mieux être seul que mal accompagné !

Voilà "l'empreinte électromagnétique" que chaque jour nos médias irresponsables tissent dans l'univers. 

Dans un gros tas de déchets, il y a parfois, tel le diamant perdu dans la strate de charbon, une once d'amour ou d'humanité, mais si faible qu'elle apparaîtra anormale. 

Aux générations futures des médias qui en prendront le contrôle, soyez conscient de votre responsabilité.



Étymologie du mot "Worm" (j'ai beaucoup lu de CyberPunk cet été !)
31 Juillet 2013


L'étymologie SF du jour : Worm.

Vous savez tous que "Cyberspace" est un mot inventé par Gibson.

Mais beaucoup d'autres mots propres au monde de l'informatique viennent du folklore post 1950 SF (et américain).

Ainsi, Worm est le nom d'un programme qu'utilise le héros de Sur l'Onde de Choc (The Shockwave Rider) de Brunner.

Sur l'Onde de Choc, publié en 1975, présente bien des concepts de l'informatique moderne, avec le concept de réseau, base de données mondiales, et de ...Wikileaks.

Le héros pianote sur des téléphones à touches des symphonies programmées comme un Mozart moderne, créant des "virus" (le terme virus n'est pas employé) appelés Worm (car ils sont modulables par segments, comme les anneaux d'un ver) et décide que les gouvernements n'ont pas à garder leurs secrets informatiques et les dévoile à tout le monde.

Le Neuromancien (1984) et Sur L'Onde de Choc (1975) ne sont toutefois pas les précurseurs du Cyberpunk. 

Les historiens font remonter le genre à...1956, avec l'incroyable chef d'oeuvre, Terminus les Etoiles.


Vers une société de Flux, donc de choix
Le 2 août 2013


VERS UNE SOCIÉTÉ DE FLUX, DE CHOIX, DONC D'EMBARRAS
aka la société culturelle sans cesse errante

En 2011, internet a produit du néant 2 milliers de milliards d'octets, c'est à dire plus d'informations que l'ensemble des informations produites jusqu'alors.

En 2012, en six mois, ont été produits le double de la quantité produite en 2011. 

Les instituts alors prévoyaient que la quantité d'info produite allait doubler tous les deux ans. 2013 a montré que ce serait encore plus rapide.

Nous sommes dans une croissance exponentielle typique de l'Echiquier de Sissa (je vous laisse googler).

La conséquence n'est pas que nous ne pourrons pas prendre la mesure de toute cette production (ce n'est déjà plus le cas depuis le 17e siècle) mais que nous n'allons plus pouvoir la stocker.

Pour la première fois de l'histoire moderne, l'homme n'aura pas les moyens matériels de garder la trace de ses productions culturelles.

Cela implique qu'il va falloir CHOISIR ce qu'on voudra garder pour la postérité et ce qu'on voudra CONDAMNER A L'OUBLI. 

Et là j'ai une mauvaise nouvelle, car il y a quatre choix possibles :
- le choix raisonné, qui quantifie la valeur d'une production et de sa capacité à faire évoluer positivement la culture humaine
- le choix économique, les plus riches décideront ce qui est à conserver, nous serons dans une ploutocratie de la mémoire
- le choix démocratique, vers un futur de tabloids
- le choix "culturel".

Ce dernier choix implique qu'un élément culturel devrait être identifié, par son auteur, comme ponctuel (c'est le cas d'un happening par exemple). 

C'est le cas de Snapchat, qui sous ses airs de farce étudiante, pose la réelle question de l'identité culturelle mouvante qu'il y a en chaque homme : cet homme qui envoie un message maintenant, sera-t-il le même demain ? Celui de demain aurait-il approuvé ce message ?

Cette réflexion nous permet de comprendre que ce que nous identifions comme une catastrophe serait en fait une façon pour nous au contraire d'évoluer positivement vers un monde meilleur.

L'oubli est programmé dans le cerveau humain, il nous permet de voir le soleil après la pluie, la joie après le désespoir. L'humanité n'a pas forcément besoin de trainer avec elle un tombereau de violence et de médiocrité. Il s'agit ici de ne pas nier les faits ou les productions du passé, mais leur accorder leur mort naturelle.

Suite à mon pressing sur le crowdfunding, le + obs m'a relancé pour le sujet Kickstarter ♥. Je n'avais pas trop le temps, mais j'avais un plan déjà tout écrit depuis deux ans !

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/914320-kickstarter-ulule-co-avec-le-crowdfunding-le-pigeon-c-est-toujours-l-internaute.html

J'ai également figuré dans un interview sur les pseudos :

http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-le-web/20130726.OBS1203/avoir-un-pseudo-sur-internet-sert-il-encore-a-quelque-chose.html


Mensonge et Attention-Whorisme
Le 6 août 2013


Un masque est tombé dans l'ambiance ouatée et discrète de Juillet, le blog "http://uncondamne.tumblr.com/", qui racontait sans aucune nuance de second degré, à la première personne, les derniers jours, jusqu'à la mort, d'un malade atteint du cancer, en direct, était un canular.

Le canular était évident dans le concept, puisque si demain on vous donne en gros un mois à vivre, vous risquez hélas d'y passer le lendemain, ou au contraire de vous battre encore six mois - et pas de tenir pile poil 30 jours. Par ailleurs, la mise en scène était grossière.

La première réflexion que l'on peut faire, c'est qu'il y a une différence essentielle entre cette démarche et le canular classique, par exemple "La Guerre des Mondes" d'Orwell à la radio. 

Cette différence est sur le plan de la forme : Orwell est le chat botté qui présente une histoire. L'auteur du blog du condamné parle de "son" histoire personnelle. Orwell crée un évènement ponctuel. L'auteur du blog capte une audience sur laquelle il peut capitaliser. Orwell est dans un exercice de fiction, l'autre est dans un exercice d'audience. 

Dans une période narcissique, que le canular 2.0 soit inscrit dans une démarche égocentrique est logique.

Le tumblr / blog mettait mal à l'aise beaucoup de personnes pour son identité morale discutable. Si c'était un faux, quelle était la démarche intellectuelle sinon une sorte de course à l'attention pathologique ?

Cependant, tant que l'anonymat de l'auteur du blog était préservé, il y avait cet infime espoir, cette infime possibilité que le tout ne soit pas un canular. Comme le chat mort et vivant dans la boite de Schrödinger fermée, cet infime espoir mélangé à la forte probabilité d'une fraude intellectuelle révoltante moralement rendait l'exercice supportable pour l'audience.

L'erreur stratégique de l'exercice a été de dévoiler la supercherie, et pire, que l'auteur révèle son identité et revendique l'écriture du blog. Tout d'un coup, la situation de malaise rentre dans une situation de décohérence et l'aspect attention whore est doublement souligné. 

Il y a toujours une part de nous qui se sent flouée à la révélation d'un canular. Mais quand il attire à soi l'attention à des fins narcissiques alors que de nombreuses personnes mourront aujourd'hui dans l'indifférence, nous tombons dans la catastrophe.

Une autre leçon que l'on peut tirer de cet épisode est que maintenir la confusion sur ses intentions permet parfois, sur le plan de la communication, de sauver les apparences d'une situation mal engagée.

Nous vous invitons à réécouter notre chronique sur "Les Attention Whores" dans Studio404 de mars :

https://soundcloud.com/studio404/studio404-mars2013-mars-google




L'éternelle question du piratage
Le 9 août 2013


Le 7 août, lors du point financier trimestriel, le patron de Time Warner a estimé que le piratage de la série "Game of Thrones" n'est pas une mauvaise chose.

(Game of Thrones est la série TV la plus piratée actuellement).

Le réalisateur de la série a même estimé qu'en terme de succès populaire, ce classement avait plus de valeur qu'un Emmy.

Il est intéressant de constater que le piratage mène, ultimement, à une transformation en achat par la suite. 

Dans les années 2000, Steve Ballmer avait déclaré que quitte à pirater un logiciel de traitement de texte, il valait mieux que les gens piratent Word.

Peut-on considérer qu'il existe une stratégie "marketing" du piratage ? Est-ce que le baladeur cassette a eu du succès parce qu'on pouvait se faire des compil ? Est ce que la DS a tout explosé parce qu'on pouvait pirater en masse les jeux ?

Voici mon point de vue (FibreTigre). On peut soit considérer que le piratage mène à un achat, ce que je trouve vraiment discutable, soit considérer que le piratage ne mène pas à un achat.
Dans ce deuxième cas, est-ce que les gens auraient acheté le produit s'ils n'avaient pas pu le pirater ? 

Dans un faible pourcentage, oui. Je le pense notamment dans certaines entreprises qui piratent des logiciels de conception 3d coûteux ou des licences Word.

Certains adversaires du piratage disent "le piratage fait augmenter les prix". C'est logique mais complètement faux dans la pratique. Le prix est bien entendu fixé par la loi de l'offre et de la demande, et si les gens acceptaient d'acheter, dans la médiane de leur cloche de gauss, des iPhones à 2999 €, c'est à ce prix qu'ils seraient vendus.

Il faut donc considérer la part du piratage comme un investissement en publicité. Ce qui sonne beaucoup mieux que "manque à gagner" lors d'un point financier trimestriel.


Anony-Pample-mousse
Le 11 août 2013


Bonjour,

Que vous inspirent les Anonymous ?

De l'admiration ? 
Un espoir de justice ? 
De liberté ? 
Une puissance nouvelle ?

Les hackers, petits génies de l'informatique, sont longtemps restés dans l'ombre. Ils avaient, pour des raisons légales, et astucieusement pour des raisons d'image, gardé le plus grand secret sur leurs activités.

Et puis un jour a émergé l'iconographie "anonymous", la puissance des gens anonymes mais connectés, enfin pas tellement anonymes puisqu'on les remarque bien : ils arborent le masque du héros ténébreux de V pour Vendetta.

V pour Vendetta tient un discours politique à mon sens stupide : il dit "on peut tuer les hommes mais pas les idées".

Vous en parlerez aux grands défenseurs des idées telles que :
- La terre est plate
- Si vous mangez des carottes vous deviendrez une carotte
ou encore :
- C'était mieux avant

Le fait est qu'on peut tuer les hommes, les idées, on peut même effacer l'histoire (malheur aux vaincus) et un jour il ne restera rien de nous.

Il dit également qu'Anonymous, l'ardent défenseur de la liberté, est votre voisin. C'est un nivellement de compétence par le bas : le hacker d'autrefois était l'élite, aujourd'hui c'est potentiellement n'importe qui.

Et bien entendu, cela arrange le n'importe qui voudrait être enfin quelqu'un.

Le slogan de l'Anonymous est "We Are Legion", ce qui est gênant à plusieurs titres. Déjà, c'est une citation du nouveau testament, et alors que l'imaginaire informatique et internet était plutôt laïc avec ses trolls, ses murs de feu et quelques daemons facétieux, nous voilà avec une devise issue de la culture catholique.

Ensuite l'Anonymous qui se veut défenseur d'une certaine intégrité morale se définit comme un démon, donc un antagoniste de la vertu.

Enfin, la citation originale et "Je suis Légion" qui avait cette puissance littéraire qui disait "vous ne voyez qu'un seul individu, mais nous sommes nombreux (une légion)". Avec le We Are Legion, nous sommes encore dans une diminution de la complexité du sens, toujours dans un souhait de ratisser large intellectuellement.

Politiquement, c'est une débandade. On voit le fameux masque partout, par exemple dans la manif pro mariage gay ET dans la manif anti mariage gay. L'Anonymous est de tout bord, et j'ai hâte de voir l'Anonymous qui demain manifestera coude à coude avec les censeurs numériques, car sa seule définition existentielle n'est pas sa dimension politique, mais son masque.

Son slogan secondaire "We do not forgive, we do not forget" est une menace. Brillante conception de la société.

L'Anonymous de 2010, c'est un peu le "geek" des années 2000, en plus cheap, puisqu'il suffit d'avoir un masque en plastoc et de menacer les gens, voire de faire des attaques par déni de service, pour exister, alors que pour le geek, un iPhone à 500 € était requis.

Techniquement, c'est pas l'extase. Les grands coups d'éclat (Wikileaks, affaire Snowden) ne sont pas le fait d'anonymous (et pas des exploits techniques) et les actions à proprement parler du collectif restent d'un niveau technique faible (attaques par déni de service en utilisant un logiciel identifié).

On a tendance à croire que les Anonymous sont des "petits génies de l'informatique" car la police clame en bombant le torse qu'elle a arrêté un mec de 16 ans, un Anonymous qui prenait l'internet en otage, mais quand les gens se font prendre, c'est justement qu'ils sont loin d'être des petits génies...

Anonymous, si elle n'était pas une entité dont la naissance est clairement identifiée sur 4Chan et Encyclopedia Dramatica, deux sites pas vraiment portés sur le sérieux, pourrait paradoxalement être identifiée comme un contre-feu allumé par les instances cherchant à contrôler l'internet.







1 commentaire:

Merci de lire mon blog