mardi 6 mai 2014

Les Mythes de Dark Souls

Bonjour c'est FibreTigre...

...et je vais encore vous saouler avec Dark Souls.

Il existe sur internet beaucoup de vidéos "Lore" de Dark Souls qui décortiquent le moindre détail d'histoire de ces jeux, donc je vais pas évoquer les histoires en tant que telles mais plutôt les mythes réels sur lesquels Dark Souls se base, et les différences profondes entre les deux jeux vidéo.

Dark Souls 1 est mythologique : le héros n'a pas d'histoire personnelle, il pourrait être un anonyme comme un dieu déchu. Le monde hormis la zone du tutorial est la demeure des dieux, et les deux choix ultimes possibles sont des formes d'apothéose.

Dark Souls 1 se base sur le mythe arthurien : dans un monde mourant, car son Seigneur se meurt, un héros part en quête d'un calice aux pouvoirs vertueux. Il ira chercher son Seigneur mourant grâce au pouvoir de celui-ci, après avoir croisé des Perceval (Solaire) et des Mordreds (Lautrec). Le feu, le soleil sont des éléments divins obsédants pour le joueur qui ne survit que pour aller de l'un à l'autre en les louant.



Dark Souls 2 est de l'ordre de la chronique médiévale : le héros a une identité ancienne de mortel (l'intro peut avoir plusieurs interprétations, mais on voit un homme ne pouvant rentrer dans sa pauvre ferme), la malédiction de la marque sombre est une sorte de mal origine d'une quête de guérison et non pas le legs d'une divinité primitive (le pygmée élusif). Toute la notion de divinité est anéantie, même dans la description de l'âme du boss de fin qui fait référence à un dieu de Dark Souls 1, la rédaction de cette référence est ainsi tournée qu'elle ne mentionne pas de caractère divin. Dark Souls 2 est l'ascension d'un inconnu à la cour d'un roi, roi qui lui même n'a rien de tout puissant et encore moins de divin.

Si Dark Souls 1 reprenait le mythe arthurien, Dark Souls 2 reprend des mythes de l'Irlande. Au delà de l'homophonie amusante, the Emerald Herald, qui personifie le pays de Drangleic, est habillée de vert, couleur de l'irlande. Le pays est peuplé de géants, et le noeud de l'intrigue est une histoire de rois et de reines, je pense notamment au Cycle d'Ulster et la Reine Mebd. Enfin, on voit souvent l'Océan.



Les noms des contrées sont éloquents : Lordran, dans Dark Souls 1, est composé de Lore + Dra'n qui peut signifier Dragon. Donc "les légendes des dragons".

Dans Dark Souls 2, le pays se nomme Drangleic, on retrouve Dran'g et suffixe leic qui donne un coté celtique au nom, je dirais plutôt "le pays des dragons".

Alors pas mal de gens pensent que Drangleic est le futur Lordran, et ils vont évoquer le fait que les descriptions des âmes des boss donnent des correspondances.

Dans les faits, je ne pense pas que From Software, en bons japonais, aient souhaité une consistance encyclopédique de leur univers d'un Souls à l'autre. Tout comme dans les Final Fantasy, et certains esprits malicieux pourraient dire dans les mythes antiques, on a des points d'ancrage (Cid dans FF, Seath dans DS) et après on construit une nouvelle histoire autour.

C'est intéressant car la mécanique de Dark Souls est basée sur des mondes parallèles  Vous jouez et d'autres joueurs, qui jouent en même temps que vous, vous frôlent...

Les mondes parallèles, on pense aux théories scientifiques du multivers, mais c'est tout simplement aussi la déformation d'un même mythe d'un conteur à l'autre au fil des époques, ainsi Gilgamesh qui inspire Noé, et Homère que l'on retrouve au Japon, sous des formes un peu différentes et un peu familières.

Dark Souls est dans son grand cadre mais aussi dans son expérience personnelle une histoire unique dans laquelle tout le monde a finalement les mêmes repères. Chacun peut s'approprier l'histoire fragmentaire et créer la sienne, ce qui en explique certainement le succès.

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