jeudi 30 juin 2011

Le paradoxe du licenciement

Ah, perdre son emploi, cette disgrâce sociale. Paradoxalement, pas mal de gens rêvent de se la couler douce. Enfin, en tout cas, au moins les 20 millions qui jouent régulièrement au loto. 



Je voulais réfléchir un petit peu sur le licenciement.


Il y a des propos pas très socialement acceptables là-dedans, mais ce serait un comble que les 4 lecteurs de ce blog soient d'esprit chagrin.

En France, on peut pas vraiment licencier les gens, par exemple, parce qu'ils ne nous plaisent pas. 

Si on le fait, on s'expose à des indemnités tranchées aux prud'hommes qui sont très élevées, par exemple 50 000 € par salarié pour les "conti".

Cette situation me rappelle un peu celles des femmes il y a un siècle : leur époux pouvait les répudier et prendre une autre femme, mais en aucun cas elles ne pouvaient le quitter. Un salarié peut donner sa démission à tout moment. Un patron, ne peut pas à tout moment se séparer d'un salarié, sauf à avoir provisionné une somme absurde. 

Donc en général ce que font les patrons, c'est qu'ils découragent le salarié à poursuivre et le poussent à la démission. Par exemple en lui donnant un job inutile, ou rien du tout, ou dégradant (quoique là encore, c'est très réglementé, dans le labyrinthe des 36 000, this is not a joke, articles du code du travail français, contre les 60 existant en Suisse). S'engage un bras de fer pas facile qui aboutit soit à la démission (précédée de divers congés maladie) soit à un accord transactionnel. ("je te donne tant, et tu me fiches la paix")

Ce n'est pas très sain. Je suis d'avis d'ailleurs qu'on embaucherait plus facilement si on pouvait licencier plus facilement, mais là même des gens de droite vont me lancer des briques, c'est pour cela que je n'évoque ce sujet qu'avec des gens qui ont eu des salariés, ou plutôt, je ne l'évoque pas, tant c'est une évidence réelle.

Creusons un peu le sujet à la recherche du paradoxe.

Qui défend cette "difficulté à licencier" et qui voudrait idéalement atteindre la "garantie totale de l'emploi à vie" ?

Réponse : Les partis de gauche et d'extrême gauche, qui ont pour ennemi le système dit "capitaliste" ou d'une façon plus générale ou plus gauchiste "le système".

Maintenant pour quelle raison lorsque l'on combat le système capitaliste voudrait-on empêcher le licenciement ? 

Réponse : Pour maintenir le niveau de vie du salarié. Vous vous rendez compte, s'il perd son emploi, comment va-t-il manger...etc... 

Vraiment ? Va-t-il mourir de faim s'il perd son emploi ? En fait "maintenir le niveau de vie" veut dire en France : 

1) accéder à des biens de consommation devenus essentiels (bien culturels...etc...) 
2) payer son loyer mais en fait dans 80% des cas cela signifie payer des traites à sa banque pour rembourser le prêt qui a permis d'acheter son logement. 
3) éventuellement, aller en vacances, à la mer ou au ski.



Donc en fait les défenseurs de la difficulté de licencier permettent paradoxalement d'encourager la consommation et surtout de contribuer à la folie générale de l'immobilier. 

Par exemple, plus de 80% des employés de la Poste, qui dieu sait ne sont pas idéologiquement les défenseurs du système bancaire, ont accédé à la propriété.

Donc, les meneurs d'idées "anticapitalistes" sont en fait des dérivatifs qui permettent au contraire de protéger le système capitaliste. (c'est d'ailleurs pourquoi on peut encore les voir à la TV, le système est trop malin amis gauchistes)

Parce qu'au final, l'anticapitalisme, la décroissance, ne passe pas par le partage des richesses ou du capital mais par sa négation. Maintenant, je veux bien poser des bombes, mais pourquoi se priver de tout le bonheur que nous apporte l'argent, comme les jeux vidéo ou les pizzas ?


Bon, en voilà un discours un peu triste. Pour rester dans l'idée et être joyeux et culturel, je ne vous renvoie non pas vers Marx mais vers l'iconoclaste Rob Grant, le même Grant de Grant Naylor du Red Dwarf (aucun rapport avec le drapeau rouge).


Rob Grant a écrit un livre épatant et drôle, titré Incompétence. (il y a une faute dans le titre, c'est fait exprès).


Rob Grant imagine dans un futur dystopique une Europe où les lois sociales interdisent le licenciement. Même si vous êtes incompétent. En fait, notamment si vous êtes incompétent, la loi est très précise là dessus ! Pour n'importe quelle raison.

Ainsi, tous les services sont complètement incompétents et se laissent aller. Le pauvre héros patauge dans un roman noir encombré d'ascenseurs en panne, de services de location de voitures sans voitures, d'hôtels sans aucun service ni chambre libre (Wait a minute...c'est déjà la réalité, ça !). 

Bon, c'est très marrant, à lire pour vous détendre pendant que vous patientez sur la hotline de votre provider.

dimanche 26 juin 2011

Réponse de Total à ma proposition de livrer l'essence à la maison

Hello, 

Total a eu la courtoisie de répondre à mon idée. Je trouve que ce sont des types chouettes. J'ai altéré trois petits détails dans la réponse qui n'ont pas d'impact sur le fond de celle-ci.

Cher Monsieur,

Je vous remercie de votre courriel du 18 juin 2011 et d'avoir pris la peine de nous écrire pour nous communiquer vos idées.

Pour tout vous dire, ce sont des idées que nous avons dans nos cartons depuis plusieurs années.
Mais deux obstacles s'opposent à leur mise en oeuvre :

- Les conditions de distribution de carburants sont soumises à des normes de sécurité draconiennes et de plus en plus exigeantes. 

Ces règles de sécurité rendent très difficiles, voire impossibles, un approvisionnement dans la rue.

- Le fait que les automobilistes ne soient pas suffisamment nombreux à accepter de payer un prix élevé

J'espère que cette réponse vous satisfera.

Si vous souhaitez nous adresser d'autres suggestions ou idées, n'hésitez pas, c'est avec plaisir que nous en prendrons connaissance.

Nous espérons avoir répondu à votre demande et nous restons à votre disposition.

Bien cordialement

Direction de la Communication TOTAL

mardi 21 juin 2011

L'ile du Danger

Compte rendu de ma dernière partie de l'Appel de Cthulhu, avec votre serviteur Tigre en gardien des Arcanes.

L'Ile du Danger
(le titre a volontairement été dissimulé aux joueurs)

Nous sommes le 28 Septembre 1937, et l'Olympic, un paquebot de classe Britannic (2 500 passagers) qui relie Aden à Bombay, pour ensuite atteindre Shanghai, Yokohama et San Francisco. Nous sommes à 3 jours de Bombay - ce temps de fin d'été, quoiqu'entrecoupé d'averses, est doux et agréable.
A bord de l'Olympic, quatre voyageurs de 1ère classe tout à fait particuliers :

Dorothy Montgomery, 36 ans, est une jeune veuve irlandaise déjà très riche d'un premier mariage, et à bord de l'Olympic pour dans le but de trouver sa nouvelle moitié - une moitié au moins aussi riche qu'elle si possible, car c'est après l'argent que cette ambitieuse et insatiable séductrice court. Son point fort : une excellente constitution - elle tient particulièrement bien l'alcool - et une érudition impressionnante : il n'existe aucun sujet sur lequel elle ne peut s'exprimer.



George Lloyd, 43 ans, notre explorateur - cartographe britannique. Atteint d'une légère phobie des étendues marines, bien handicapantes dans sa profession, il s'est tourné vers les nouvelles sciences de thérapie psychologique : psychanalyse, psychothérapie...etc...faute de remèdes efficaces, son praticien lui a proposé un remède paradoxal : une paisible croisière la plus longue possible dans les conditions les plus agréables, afin de convaincre son psychisme que les eaux ne sont pas un danger pour lui. Son point fort : une force de la nature, avec des années à trimbaler son barda d'explorateur dans tous les coins du monde, et une très bonne culture générale.



Bridget Mc Donald, une britannique de 36 ans, est une femme impulsive et ingénue, issue d'une famille très riche et qui n'a pas encore su se décider pour le mariage. Face à cette préoccupante situation, ses parents l'ont invitée sur l'Olympic dans l'espoir qu'elle y trouve enfin un mari. Son point fort est sans conteste sa remarquable intelligence et ses déductions rapides qui impressionnent son entourage.




Peter O'Doherty est un cinéaste irlandais de 34 ans. En dépit d'un talent réel, d'une passion pour son métier et d'une panoplie de compétences sociales (il parle 3 langues dont un dialecte indien, sait négocier, nouer des contacts), il n'a pas encore su percer et atteindre la renommée qu'il ambitionne. Son objectif à bord de l'Olympic : faire le reportage photo ou ciné du gotha qui lui donnera un petit succès ou mieux encore, trouver un mécène qui croira en lui. Pour cela il s'est payé un billet 1ere classe avec le reste de ses économies. Plus que tout autre personne de l'Olympic, Peter est un puits de science : son point fort est sans conteste sa très forte érudition, acquise au prix d'innombrables lectures et expériences sur tous les sujets possibles.



Dès les premiers jours à bord de l'Olympic, nos quatre héros se sont retrouvés à la même table, la table 24, en compagnie de 3 autres invités. Comme de coutume, ils ne devraient, durant les longs mois de voyage, rester ensemble et ils ont pu faire connaissance et franchement s'apprécier.
Les 3 autres invités étaient Francesca Jones, une jeune femme fort attirante qui restait mystérieuse sur ses origines, Julian Knight, un prétendu diplomate plutôt charmeur, et Martin Fiddleworth, un gros professeur anglais perpétuellement plongé dans ses livres - même lors du dîner. Très rapidement, Julian et Francesca ont flirté, délaissant les autres tôt le soir, et Martin retournait à ses lectures sitôt quelques bouchées avalées.

La glace rompue entre nos personnages, elle alimenta des verres de scotch entre bouteilles de sherry et autres Bombay Saphir. En fait, c'était soirée alcool tous les soirs, jusqu'à ce que le staff de la salle des dîners première classe, épuisé, les jette dehors à 4 heures du matin, puis ils cuvaient leur alcool jusque tard dans l'après midi entre couchettes et transat - faisant de la table 24 une sacrée réputation de joyeux lurons.

Trois jours avant le début de l'aventure proprement dite, Julian et Francesca se sont glacialement brouillés, et le fin mot de l'histoire est parvenu aux joueurs : Julian est un gigolo présent pour dépouiller les riches héritières, et Francesca, une jeune dactylo de Londres sans le sou, dont les objectifs sont similaires.

Le 28 Septembre 1937 à 18h30, les héros sont dans la chambre de Georges à plaisanter, quand l'on frappe lourdement à la porte. Intrigué, après une hésitation, George s'approche de la porte et demande à travers celle-ci de quoi il s'agit, mais l'on ne lui répond que des grognements étouffés. Idem quand Peter pose la question. Très intrigués, les hommes poussent les femmes près des couchettes, et pendant que Georges ouvre très prudemment la porte, Peter déclenche le flash de son appareil photo à la puissance maximum ! Derrière la porte, un homme en costume blanc et portant un masque d'éléphant en papier.

Complètement désorienté par le flash reçu à bout portant, celui-ci recule, se cogne contre les murs, s'effondre...Georges enlève le masque et un steward déboussolé leur explique que ce soir il y aura dans la salle de dîner première classe une soirée africaine, avec des jeux thématiques, et que les convives déguisés auront des points supplémentaires. Il ajoute qu'il n'a pas réussi à les trouver de la journée pour les avertir et qu'il risque de ne plus rester beaucoup de déguisements, mais qu'au pire des loups seront disponibles à l'entrée. Ils l'aident à se relever, et pour sa peine, Dorothy lui donne un pourboire très pingre. (l'équivalent de 5 €)

L'équipe se rend d'un commun accord au fumoir où sont distribués les costumes. Il y a déjà une forte cohue avec des invités qui viennent retirer des costumes réservés. A leur grand dépit, plus aucun costume n'est disponible, mais Dorothy, faisant jouer son Crédit et quelques billets, réussit à tirer d'un employé quatres costumes : un poussin jaune géant, un costume de princesse africaine, des oreilles et une queue de léopard, et un costume de Sinbad le Marin.

Après réflexion, Georges le bon vivant choisit le poussin, Dorothy se voit tout à fait en princesse, le costume de leopard est choisi par Bridget...et Peter ne choisit rien, un loup fera bien l'affaire ! Ainsi vétus, (et quelques armes discrètes dissimulées sur soi, on ne sait jamais), ils se relaxent quelques minutes dans le fumoir autour d'un verre de gin et de punch, l'ivresse commençant à gagner Georges et Bridget.

Puis ils pénètrent dans l'immense salle des 1eres classes - 300 personnes, des dizaines de grandes tables, un orchestre, une piste de dance, des montagnes de fruits, des dizaines de serveurs attentionnés, et le tout décoré dans le style africain / colonial. Quelques convives sont déguisés en africains ou portent des masques d'éléphants ou d'hippopotames en papier, mais certains portent juste des loups, voire rien du tout comme Martin Fiddleworth qui ne tarde pas à quitter la table ou Julian qui le porte relevé sur son front. Francesca, ce soir, est absente.
Après une tournée de gin, de salade de fruits, un spectacle très distrayant de danses sauvages a lieu. Peter et Dorothy reconnaissent une danse qu'ils ont vu dans un film impressionnant d'il y a quelques années : King Kong.

Le Second (Wilde) de l'Olympic s'est spécialement déplacé et attire l'attention de l'audience depuis la scène : il évoque les danses africaines et une en particulier, le Lengba (qui deviendra plus tard le Limbo), une danse spéciale pour attirer l'esprit des dieux paiens. Un véritable "nègre" (tel est le terme utilisé à l'époque) fait une démonstration, et Wilde demande à l'audience qui veut tenter sa chance. Georges (en poussin), un peu éméché et Dorothy, aventurière, se lèvent d'un bond, et après quelques réticences, Peter se laisse entraîner. Bridget garde sa dignité (et sa timidité) et reste à table.

Dorothy ne fait pas de miracles et touche la barre dès sa première tentative, pour Peter, c'est encore pire : se penchant trop en arrière, il bascule et se fait sérieusement mal au crâne ! Quand à Georges, c'est le festival du poussin puisque malgré l'inconfort de son costume, il passe une, deux et trois fois sous la barre alors qu'on la descend à chaque fois. Talent caché ou expérience d'un voyage dans les îles ? Malheureusement, sa souplesse ne le mènera pas à remporter le trophée du Lengba.

Vient le repas avec du poulet roti au four et du riz aux poivrons et aux oignons confis, et Wilde passe de table en table pour un nouveau jeu : il porte un objet d'une trentaine de centimètres (différent pour chaque table) sous un foulard et chaque convive doit poser une seule question et donner une proposition. Julian hausse les épaules et refuse de se prêter à ce jeu. Georges demande s'il s'agit d'un animal ?! Dorothy demande s'il s'agit du trophée que l'on va gagner, Bridget demande si ca a un rapport avec l'Afrique et Peter demande s'il y a un rapport avec le bateau. Pas de bol il s'agit d'un ananas, et un autre trophée de perdu.

Mais ces histoires de trophées sont vites oubliées : un grand choc projette les convives au sol, l'électricité s'éteind, et quelques instants après, on crie qu'il y a une voie d'eau à l'avant ! Très flegmatiques, alors que la foule commence à courir dans tous les sens et se piétiner, nos héros se rasseyent à table et continuent de siroter leurs apéritifs, alors que le bateau penche vers l'avant, que les hurlements d'horreur continuent...et jusqu'à ce que finalement ils se disent qu'ils feraient bien de se bouger également ! Ils se précipitent vers les portes bondées, et Dorothy joue des coudes et fraye un passage aux autres - tâche relativement aisée dans la mesure où la plupart des convives s'étaient enfuis dès les premières secondes de l'alerte.

Sur le pont lisse et incliné une pluie fine tombe - Bridget dérape et commence à glisser ! Peter lance la bride de son appareil photo pour qu'elle le rattrape, sans succès (l'appareil n'a rien toutefois). Dans un instant de lucidité, Dorothy s'empare d'une corde attachée à un palan et la lance à Bridget et la remonte.

Point rapide sur la situation : L'Olympic s'enfonce dans une mer coupée d'une houle de 4 à 6 mètres et son avant est déjà dans l'eau ; comme le pont s'incline dangeureusement, la foule des passagers s'est amassée naturellement vers l'avant où ils s'entassent dans des canots de 500 places dans une cohue sauvage, parfois se tassant à 700 voire plus, coulant pratiquement les canots.

Peter sait qu'il tient le reportage du siècle, et prend les photos de ce naufrage incroyable !
Considérant la situation, les investigateurs décident de remonter le pont, une tâche qui devient de plus en plus périlleuse de minute en minute car le navire s'enfonce !

Une providentielle corde vient les hisser et les accompagner à la poupe du navire : Elias Taft, un employé mulâtre du bateau ainsi que Julian Knight qui avaient besoin d'aide pour décoincer une petite chaloupe d'appoint : Georges est mis à contribution, et, après avoir enlevé son costume de poussin (et Bridget ses oreilles de leopard), d'un bon coup de bras débloque la chaloupe qui plonge vers les eaux. Prudemment, dans les puissants remous du bateau, ils descendent une maigre échelle de corde qui passe entre les deux gigantesques hélices tournantes du navire qui s'enfonce définitivement dans les eaux pour se glisser dans la chaloupe.

Hélas, Peter qui descend en dernier glissera malheureusement et tombera dans les flots. Georges et Elias le tireront rapidement, mais son appareil est fichu : un poisson s'agite même en travers de l'objectif ! Peter maudit sa malchance et récupère néanmoins précieusement la pellicule, sans grand espoir. Dans cette chaloupe de six, George et Elias s'attèle aux rames, et, après une rapide décision par rapport à leur position géographique, portés par les remous du naufrage, ils empoignent vigoureusement les rames et traversent les vagues en naviguant à la cape, plein nord.

Dorothy remarque sous ses jambes un compartiment recelant l'armement classique d'une chaloupe : engin flottant, jumelles, boussole, boite de biscuit, gourde scellée, et un long couteau de marin ; elle en fait part à l'équipage, qui a d'autres soucis actuellement.
A quelques encablures, sur tribord, dans les ténèbres, un homme à la mer crie à l'aide. Mais que faire pour lui ? Serrant les dents et pensant à leur survie avant tout, ils poursuivent leur progression dans la nuit.

La pluie s'intensifie et Bridget et Dorothy commencent à écoper. Des tours de rames, d'écope et de sommeil sont partagés, alors que la nuit progresse et que la tension augmente. Plusieurs fois dans la nuit Peter et Julian s'interpellent et ne se cachent pas que l'un vivrait bien sans l'autre ! Le jour revient avec une accalmie et un brouillard plutôt dense. Les rescapés, après avoir tant ramé, commencent à se poser la question de savoir s'ils n'auraient pas du rester sur le lieu du naufrage à attendre les secours et de nouvelles disputes éclatent, surtout quand Julian propose qu'on vote pour élire un chef !

En pleine dispute, des bruits puissants tapent contre le plancher de la chaloupe et celle-ci, déséquilibrée, bascule à la renverse ! Nos investigateurs se retrouvent, un peu paniqués sous la chaloupe, essayant de rattraper les objets en train de couler, puis, Dorothy la première, passent sous l'eau et se hissent à nouveau sur la coque renversée, notamment avec l'aide de Georges - c'est la panique quand deux gros ailerons de requins rident l'eau - et même Elias disparaît silencieusement sous l'eau, pour se diluer dans une nappe de sang où fretillent des dizaines de requins ! Julian n'a pas la force de se hisser, et Peter demande s'il est judicieux de le sauver (ils manqueront de nourriture tôt ou tard). Après un rapide échange et les cris désespérés de Julian, les investigateurs le hissent à nouveau sur la chaloupe. Un petit choc émotionnel les saisit également après avoir réalisé que le pauvre Elias s'est fait dévorer sous leurs yeux.

La journée du 29 septembre est bien morne...entre quelques biscuits mouillés et deux petites gorgées d'eau, dans un brouillard presqu'aussi humide que l'océan et des vagues de froid alternant avec la moiteur de l'été asiatique. Avec le soir des quarts de veille sont déterminés. Bridget prend le premier et quelques heures après le crépuscule, alors que tous dorment, elle entend distinctement l'énorme cri d'un animal sauvage. Mais n'ayant connu que peu d'animaux sinon les placides moutons de son angleterre natale, elle ne peut en déterminer la provenance. Elle réveille tous les dormeurs (certains râlent...) et leur demande de préter l'oreille - surtout quand le cri lointain se fait à nouveau entendre au lointain. Mais personne, sinon elle, ne le perçoit et, agacé, Peter tente même de la persuader qu'il ne s'agit simplement qu'une hallucination, mais Bridget est trop maligne pour se laisser persuader et elle sait qu'elle a entendu.

Lorsque les autres prennent leur quart, le cri retentit peut-être encore, mais nul ne doit l'entendre à nouveau.

Alors que le soleil perce de son faible disque rosissant le brouillard du matin, deux énormes masses se dressent de part et d'autre au lointain - plus grandes que des navires. Pas du tout impressionnés, pensant même à des falaises, l'équipe scrute le brouillard - Dorothy prend les jumelles et confirme qu'il s'agit bien de hautes falaises. Dès que le soleil s'est arraché de la ligne d'horizon, un vent de terre vient balayer en une minute le brouillard, et la terre s'offre à leurs yeux ravis ! A gauche et à droite, de hautes falaises de roche, et devant, une longue plage de sable blanc, et au delà, une forêt claire de palmiers et d'exotiques, et d'ici se font entendre les cris des perroquets, et même quelques cris qui peuvent être des cris de singes.

Julian danse de joie sur la chaloupe renversée, et alors que Georges allait pagayer avec ses mains pour se rapprocher de la plage, ils réalisent que ce n'est pas une si brillante idée (requins). Constatant que le ressac éloigne la barque du rivage, Julian suggère de retirer une planche de la chaloupe pour ramer. Dorothy et Peter s'usent les doigts à tenter l'opération, et c'est Bridget avec sa débrouillardise qui détache des planches pour tout le monde (une fois la première enlevée, les autres viennent toutes seules).

L'eau devient transparente, habitée de poissons colorés, et ils font les derniers mètres dans l'eau, heureux d'être en vie, sur la terre. Sur la terre, mais où ? Sur une île, sur un continent ? Bombay est-il à 5 km au nord ou à 5000 km ? En tout cas, les arbres sont chargés de bananes, de noix de coco, et une énorme tortue luth se traine sur le sable pour rejoindre l'eau. Peter déclare qu'il n'y a rien de meilleur que la tortue, et se jette dessus, mais il faudra l'aide de Georges pour maintenir le bestiau sur le sable.

Dorothy et Bridget demandent comment ils vont manger cette tortue vu qu'ils n'ont pas de feu, et ils n'ont qu'à la libérer. Peter insiste sur le coté délicieux de la chair de tortue (les joueurs de l'appel étant avant tout de fins gourmets) - et Julian, fort à propos déclare gravement qu'il a un "marché" à proposer. Il se trouve que, fumeur, il a sur lui un briquet à essence, un peu humide certes, et pas vraiment rempli, mais de quoi faire une petite flamme. Il veut bien l'échanger contre le couteau du groupe - pour qu'il ne soit pas utilisé contre lui, après toutes les menaces de mort qu'il a eu ! Après diverses argumentations et négociations, Julian garde son briquet mais pourra aider à allumer un feu.

Finalement, étrangement, Georges et Peter mangeront de la chair de tortue crue (?) qui a vaguement le goût de poulet cru.

Après ce frugal repas, la compagnie des investigateurs, Georges en tête, décide d'explorer la forêt clairsemée au devant d'eux. Après quelques minutes de marche, alors que des pics rocheux se dessinent au dessus des arbres au devant d'eux, Georges repère in extremis un énorme python devant lui (5 mètres de long !). Il sort de sa chemise son fidèle Luger, vise parfaitement, mais "clic", l'arme encore humide ne répond pas. C'est là qu'intervient une des grandes surprises de l'aventure : Dorothy tire de sa tenue africaine un couteau papillon soigneusement dissimulé, en joue dans les airs avec aisance, et transperce la tête du Python en la fichant dans le sol ! Pour ceux qui lui demanderont d'où elle tient sa remarquable maîtrise d'un couteau de gangster, elle répondra mystérieusement "j'étais dans un cirque, dans mon enfance". A chacun son interprétation de cette énigmatique sentence...

Peter fait remarquer que la chair de serpent est également délicieuse, mais ils poursuivent leur route vers le nord, alors qu'une odeur tenace de pourriture...de cadavre se fait sentir. Au même moment, et là tous entendent distinctement le cri que Bridget avait entendu auparavant : il s'agit d'un titanesque barrissement ! Quoique puissant, il semble néanmoins venir de loin, et plus prudent que jamais, les investigateurs progressent en file indienne. La source de la puanteur est enfin identifiée, il s'agit d'une immense fleur rouge (3 mètres) poussant à même le sol qui répand une odeur fétide.

Encore quelques pas, et ils aboutissent enfin sur un grand lagon aux eaux pures, rompu de quelques paisibles plantes aquatiques. Sur leur gauche, la falaise rocheuse, devant eux, au delà du lagon, la jungle, et au delà du lagon, sur leur droite, une falaise encore, mais cette fois-ci sculptée de deux colonnes se terminant par de grosses têtes d'éléphants. A une quinzaine de mètres du sol se devine un surplomb et une ouverture obscure.

Un cri : "Non, ne me tuez pas !", et de l'activité de l'autre coté du lagon ; Dorothy prend les jumelles et voit deux philippins ? indonésiens ? indiens ? portant fusil à baionette forcer un Martin Fiddleworth déboussolé à se mettre à genoux. Derrière, Fransesca est à genoux, baillonnées et les mains attachées. Une dernière supplique, et Martin Fiddleworth est abattu sans autre forme de procès, écoeurant Dorothy. Elle reprend difficilement ses esprits et les Philippins sont en train de monter une échelle de corde vers l'ouverture, emportant Francesca.

Un débat se tient pour savoir s'il faut que les investigateurs risquent leur vie pour venir en aide à Francesca, et finalement ils décident de contourner le lagon et de monter eux aussi, prudemment, à l'échelle. Julian ne rentrerait dans la grotte pour rien au monde, et de guerre lasse les autres le laissent au dehors. L'interieur est trop sombre pour y pénétrer sans éclairage. Dorothy tente de fabriquer une torche sans grand succès, mais Bridget lui vient en aide et produit une torche tout à fait honorable. Prudemment, leurs pas plus silencieux encore que les crépitements de leur torche, les investigateurs s'avance dans le long couloir rocheux.

Celui-ci aboutit rapidement à une ouverture - entendant des voix, Bridget éteint la torche. Ils se tiennent à présent à l'entrée d'une immense salle, illuminée par les flambeaux des philippins. Cette pièce a des proportions tout à fait exceptionnelles : une vingtaine de statues d'éléphants à l'aspect maléfique, hautes comme un enfant, et en or, sont disposées en arc de cercle autour d'un immense autel. Sur celui-ci, une titanesque (près de quinze mètres de haut !) statue de pierre d'un homme-éléphant assis en tailleur, et dans son ombre, une vingtaine, peut-être plus, de statues d'humains déformés, le visage ayant été comme étiré pour avoir des oreilles d'éléphant et un nez aussi long qu'une trompe. Francesca a été jetée devant les statues, et les philippins semblent avoir des problèmes à bouger leur butin en or qu'il souhaiteraient emporter.

Murmurant et , les investigateurs essaient de deviser un plan d'attaque en faisant l'inventaire de leurs armes. Il se passe un instant où personne ne pose les yeux sur la titanesque statue et l'instant d'après tous constatent, alors qu'aucun bruit ne s'est fait entendre, que la statue a décroisé ses jambes et qu'elle a désormais l'un de ses pieds éléphantins à terre. Cette vision aux perspectives terrifiantes jette un coup sérieux aux investigateurs et les philippins sont perplexes. Ils s'approchent de la jambe en question en émettant des éclats de voix et les investigateurs decident de mettre à profit cette diversion inespérée pour ramper vers Francesca.

Après avoir considéré la situation les philippins donnent un petit coup de baionette dans le pied de l'elephant et son immense trompe prend vie, et se plaque sur le visage de son agresseur. Cette vision démentielle paralyse nos héros : Georges tombe dans les pommes et Peter se recroqueville et se met à gémir en pleurant. Déboussolées mais encore maîtresses de leurs actes, Bridget hisse sur son dos Georges et commence à le ramener vers la sortie, tandis que Dorothy court vers Francesca pour trancher ses entraves.

Comble de l'horreur, le philippin est relaché de l'etreinte maléfique du Dieu Elephant et son visage est à présent déformé comme l'étaient les statues, alors que l'autre philippin se fait lui aussi attraper par la trompe. Et ce n'est pas tout : derrière l'éléphant, les statues prennent vie, et, claudiquant, se trainant, s'approchent de nos héros !

Ses liens libérés, Francesca se rue terrifiée en hurlant vers la sortie, Dorothy essaie de trainer Peter mais il reste paralysé. Les deux philippins sont sur elle, et elle joue de son couteau, tranchant la gorge de l'un et plantant l'autre. Bridget revient pour aider Dorothy alors que deux autres hommes-éléphant s'approche : tirant son derringer, une balle ralentit le premier, alors que Dorothy ayant abandonné la possibilité de soulever Peter, essaye de le raisonner.

Finalement, alors que Dorothy abattra un troisième homme éléphant au couteau, c'est Bridget qui trainera Peter avant qu'il ne recouvre à mi-chemin ses esprits, en même temps que Georges.
Dehors, Julian et Francesca attendent les investigateurs en tremblant. Avec un humour mal placé, peut-être montrant une certaine peur, Julian demande si c'était pas mal à l'interieur, et Bridget lui répond, amère, qu'il n'a qu'à aller voir lui-même. Ils redescendent l'échelle et courent dans la jungle, d'où venaient les philippins, passant outre le corps à moitié avalé par un python du pauvre Martin Fiddleworth.

Peter glisse un avertissement et tous se jettent à terre : un autre philippin, fusil à baionette en travers du dos, fume tranquillement une cigarette à quelques pas, leur tournant le dos. Telle un commando, Dorothy rampe dans la jungle et au moment opportun, lance un couteau qui vient se planter dans la nuque du veilleur, ajoutant à son tableau de chasse déjà fourni son troisième pirate philippin. Sans plus d'état d'âme, les investigateurs s'emparent de ses possesions : un fusil, un paquet de cigarettes, un paquet d'allumettes et un vieux journal chinois.

Encore quelques pas, et la jungle débouche abruptement sur une longue langue de sable (500 mètres) qui relie leur ile à un autre petit îlot. Presqu'à l'autre bout, tranquille, encore deux autres philippins qui fument accroupis tranquillement, à coté d'un navire à moteur mouillant sur la plage, une mitrailleuse lourde installée derrière. Murmurant, les investigateurs tracent sur le sable leur plan d'attaque : Julian, Fransesca, et Peter vont remonter la plage dissimulés dans l'eau d'un coté, et le reste de l'équipe de l'autre coté.

Lors de cette marche sous marine, une pieuvre vient carresser les mollets de Bridget...quand l'équipe est en place, Peter se jette hors de l'eau en hurlant et attirant l'attention des deux pirates, au péril de sa vie ! Le temps qu'ils comprennent et saisissent leur fusil, George, Dorothy et Bridget surgissent de l'autre bord, Dorothy lance sa lame et blesse l'un des pirates, Briget tire avec le fusil et l'abat. L'explorateur tire avec son Luger, et miracle ! il fonctionne enfin, otant la vie du dernier pirate.

Rapidement, ils se hissent à bord du bateau. George essaie de comprendre comment faire démarrer cette mécanique étrange, et de la lisière de la jungle arrivent, claudiquant rapidement, la vingtaine d'immondes hommes-éléphants qui remontent la plage ! Bridget s'installe à la mitrailleuse et lance une volée, mais le recul la perturbe et les balles vont se perdre dans les airs - Georges n'arrive toujours pas à faire démarrer la machine. Encore des tentatives de mitrailleuse, Peter tente de s'y prendre et ensuite Julian, sans succès, les balles filent sans toucher personne et les créatures sont déjà à la moitié de la distance qui les séparent et des barrissements titanesques se font entendre !

Désespérée, l'équipe plonge à l'eau et pousse le bateau loin du rivage - les créatures sont presque sur eux. Coup de chance incroyable, George arrive enfin à faire démarrer le navire dont l'hélice remue l'eau à gros bouillons alors que Bridget envoie une dernière volée rageuse de mitrailleuse aux hommes-éléphants - volée qui va se perdre dans les vagues.

Ainsi se termine leur aventure - l'équipe croisant vers le nord à bord d'un petit navire à moteur, récupérée malade et faible le lendemain par un clipper anglais qui les déposera à leurs ambassades respectives à Bombay. Un temps, ils feront les gros titres des journaux : "Les rescapés de l'Olympic", (les allusions à un éléphant géant seront considérées avec compassion comme des séquelles de leurs privations) avant de rejoindre leurs pays respectifs - loin des cotes, si possible ! Julian leur fera un dernier au revoir amer avant de disparaitre, et Francesca, après de grandes difficultés psychiques, regagnera son quotidien de dactylo.

Ces aventures ne les laisseront pas inchangés.

Georges et Bridget auront hérité de cette aventure aux prises avec des créatures de l'inconnu d'une peur maladive des éléphants et pachydermes, tandis que Dorothy sera atteinte d'une curieuse manie liée au sable : lorsqu'elle verra du sable, elle ne pourra s’empêcher de le caresser, de se rouler dedans afin d'apaiser sa peur des forces innommables et inconnues. Peter, quant à lui, s'en sort sans séquelles psychiques, mais son grand reportage, en dépit de ses incroyables aventures, est encore à faire.

1 000 tweets dans la nuit

J'écris sans me relire. D'une traite. Je n'ai pas le temps, ni la patience. De toutes façons, je ne suis pas un littéraire. Moi c'est les chiffres, la science, l'argent, les affaires. Je lis de mauvais bouquins.
  
J'ai écrit la nuit du dimanche 19 juin, de minuit à 4 heures du matin, cette histoire en 1 000 tweets. Je les ai tous effacés ensuite, afin de ne pas perturber les gens qui me suivent. 
 

J'avais juste le début et la fin de l'histoire. Ca a été difficile d'être intéressant de bout en bout. J'ai certainement échoué à être intéressant puisque dans cette heure de non-audience j'ai perdu 28 followers.
 
Mais j'aime bien vivre des expériences...et raconter des histoires.

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Et j'avalais le verre alors que depuis les ténèbres de Coriolis s'avançaient 1 512 ombres silencieuses et bienveillantes.
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Mais avant de le boire, je le levais pour vous. Santé à vous, mes 1 512 lecteurs ! Et merci de m'avoir lu cette nuit.
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Je me servis un verre de la boisson des héros. Son odeur volatile me transporta.
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Grey reprit vit totalement et nos étreintes furent longues. Je me penchais sur la table. Y étaient disposés un flacon de brandy et un verre.
»
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Au sommet de la tour se trouvait une table, et le spectre de Grey.
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J'arrivais au centre de la cité, une tour munie d'un escalier extérieur. Un fantôme semblait me fredonner tristement "Happy Together".
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Grey dans mes bras, je franchis de nombreuses portes flanquées de Sphinx morts et desséchés par le temps.
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C'était une cité cyclopéenne, concentrique, monolithique, immense...et désolée. De la pierre noire, et du vent, cachés dans les ténèbres.
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Un regard dur de ma part mit fin à la discussion. Et je franchis le seuil de Coriolis.
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Mais il aurait fatalement tort. Car si j'étais là, c'est qu'il avait connu l'amour. Et c'était l'amour qui me guidait vers Coriolis.
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Il argumenta avec colère sur le fait de vouloir ramener à la vie ce qui était mort.
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Au 6 666ème tweet, mon père, la Mort, se présenta devant moi. Sévère. Terrible.
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J'empruntais la porte la plus proche. Les choix importaient peu. Toute voie me mènerait à destination.
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La finalité de ma quête...et d'une autre chose bien plus importante m'attendait.
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Je saisis le corps réanimé mais sans âme de Grey dans mes bras. Et je pris congé de mes compagnons.
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Des trappes, des ouvertures, des escaliers, des échelles, des plaques...évidentes pour celui qui voit m'attendaient. Ici et partout.
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Et effectivement, de même que dans la lumière, une multitude de grains de poussière apparaissent, sous mes yeux...un miracle.
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Omega me demanda de regarder...bien. Ce que je fis, avec toute l'ouverture d'esprit possible et toute mon âme.
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Je regardais autour de moi et ne voyais qu'une seule porte, celle de l'entrée. Je ne comprenais pas.
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Je demandais comment me rendre à Coriolis. Omega me répondit que Coriolis était relié à chaque endroit du monde par mille portes.
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Je levais les yeux vers Omega et rencontrais son regard triste. "Son âme", me dit-elle, "erre dans la cité de Coriolis. "
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"Je sais où vont les âmes après la mort ", déclara Omega en s'avançant. "Tel était l'objet de ma quête. "
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Il s'agenouilla aussi devant Grey. "Tel était l'objet de ma quête. Mais c'est sans interêt. Son âme est ailleurs. "
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Avec empathie, Perikluto déclara : "Je sais réparer les corps sans vie. "
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Mes yeux restaient fixés sur le corps sans vie de Grey. "Non, murmurais-je. J'ai échoué en tout point."
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"Je sais réparer la chose la plus difficile à réparer du monde", poursuivit Perikluto. "Et toi, Blake, as-tu trouvé Coriolis ?"
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"J'ai découvert la nature de la chose la plus secrète au monde", déclara Omega.
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Approcha enfin Perikluto. Dans des circonstances étranges, notre trio de conjurés s'était réuni à nouveau, dix ans après notre pacte.
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L'autre occupant de la geôle s'avança ; au travers de ma peine, je le reconnus : c'était Omega, la femme insecte fille du Savoir.
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Quelle chose étrange que la mort...quand on est soi-même fils de la mort. Je m'agenouillais près de sa dépouille, embarrassé.
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Grey gisait sur le sol, le coeur transpercé d'une lance, inerte.
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En quelques secondes je me tenais devant la geôle de Grey. La porte en était ouverte. J'avais déchiré le corps de son bourreau.
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Je devins ombre et je me transportais 30 secondes après aux portes du labyrinthe.
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15 secondes plus tard je touchais le sol. J'insufflais ma vie dans le monde pour percevoir où était Grey : au coeur d'un labyrinthe noir.
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Des soldats fanatiques se jetèrent dans le vide après moi, mais dans ma chute je les éconduisais de mon parapluie.
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3 secondes après, j'avais défoncé les parois de la cabine et je me jetais dans le vide.
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1 seconde plus tard, je tenais son coeur sanguinolent dans mes mains.
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Et que par mon refus dans 60 secondes Grey serait tuée.
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Je le menaçais en retour. Il me déclara alors qu'il était devenu ce qu'il était en faisant ce qu'il disait, et en disant ce qu'il faisait.
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Je refusais. Il me dit que si je persistais, il tuerait Grey.
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Et ce afin que son projet de conquête puisse s'étendre dans toutes les directions.
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Il me demanda comment franchir ces réalités, comment passer d'histoire racontée sur twitter à celui qui écrivait.
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Je lui dis que j'ai évolué dans de nombreuses strates de la réalité, à la recherche de Coriolis, et que toutes se ressemblaient.
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Il connaissait cette vérité. Il me demanda si je ne me sentais pas prisonnier de cette situation.
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Je lui dis que nous n'étions que les personnages d'une histoire actuellement racontée sur Twitter.
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"Blake, savez-vous où nous sommes ?" Et je compris alors la véritable teneur de sa question. Et je lui répondis donc la vérité.
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Je lui répondais que nous étions dans un Zeppelin, au dessus de Troie. Mais il plissa les yeux et demanda à nouveau :
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"Blake, me dit-il, savez-vous où nous sommes ?"
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Puis il me posa cette singulière et pourtant capitale question :
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Dans sa cabine personnelle, capitonnée de luxe, il me demanda si je voulais un rafraîchissement, mais hélas, il n'avait pas de Brandy.
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Herostratus était un jeune homme irradiant de sympathie et d'intelligence ; il aurait pu être mon ami. Il ressemblait peu à un despote.
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A bord, je me laissais docilement capturer, alors que l'engin prenait de la hauteur. On me conduisit au maître des armées.
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J'en remontais le flot vers le Zeppelin-mère, frappé d'un étendard prétentieux comme la folie des hommes.
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L'oiseau plongea parmi un groupe de Zeppelins immenses dont les échelles vomissaient des soldats.
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Le nez en l'air, suivant Grey transportée dans les airs.
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J'avançais dans les massacres comme un fantôme, croisant mon père affairé qui récoltait les âmes.
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Je manquais l'oiseau de peu, mais l'obus me porta en pleine ville de Troie, mise à feu et à sang par l'armée conquérante.
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Réagissant rapidement, je fis tirer un obus en direction de l'oiseau, et je m’agrippais au missile de la puissance de mon souffle.
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Je réglais le compte des deux qui tentèrent de m'enlever mais je ne pus empêcher qu'un autre capture de ses serres ma compagne.
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Alors que nous observions la situation avec inquiétude, d'immenses oiseaux fondirent sur nous.
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L'armée puissante d'un despote nommé Herostratus souhaitait dominer le monde et avait désigné Troie comme sa première cible.
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Les tours d'albâtre de Troie parurent à l'horizon. Mais la cité paraissait en guerre.
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Comme nous cinglions sud, je prenais le temps de raconter le récit de ma quête de Coriolis à mes amis. J'avais...des sentiments pour Grey.
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Et nous quittâmes ainsi les côtes d'Albion pour celles de la Phocée, nos noirs et gris brûlants dans l'ardence d'un soleil mourant.
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Les machines du croiseur ronronnaient comme mille tigres. Je tendais ma main à Grey et la priait de monter sur l'immense navire.
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Je m'époussetais, pensant à ce bon mot que Perikluto était décidément smart au sens américain, tandis que j'étais smart au sens britannique.
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Celui-ci avait rétabli les canons du croiseur, et deux obus vinrent pulvériser ma prison de pierre.
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Le corps s'écroula dans un séisme violent. J'échangeais à nouveau mon âme avec Grey et la priais d'aller trouver Perikluto.
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Mais la taille n'est rien quand on est aux prises avec le fils de la Mort. Je transmis mon souffle à un caillou et visais son front.
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Mais voilà, un immense géant dont la barbe descendait jusqu'au sol me faisait face ; ses yeux étaient terribles.
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J'aurais aimé avoir le temps d'explorer les merveilles du corps de la femme. Cette chaleur en certains endroits. Ces volutes de la pensée.
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Je lui demandais d'approcher ses yeux, et me plongeant dans son regard, j'échangeais mon âme avec la sienne.
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Que pouvait faire Grey contre un tel monstre ? Pas grand chose. Alors je dus me résoudre à une action exceptionnelle.
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Seul mon regard perçait hors de ma prison de pierre. J'hurlais pour prévenir qu'un géant des collines, haut comme huit maisons, approchait.
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Ils m'écrasèrent, mais me nimbant de mon souffle, mon corps devint plus dur que ces pierres, et elles ne firent que m'enterrer.
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La terre trembla alors. Une pluie de gros rochers dévalait une colline et je poussais brutalement Grey au loin pour la protéger.
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Elle demanda à voir mon visage, ce qui me toucha. Mais je lui expliquais que je ne pouvais pas, sous peine de lui faire du mal.
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Pendant ce temps, Grey et moi flânâmes en travers d'une longue étendue d'herbe piquée de pâquerettes et de boutons d'or.
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Je voyais mal comment un tel monstre mort pourrait nous aider, mais Perikluto pouvait réparer l'irréparable. Il se mit à l'ouvrage, ardent.
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Imaginez un bateau de métal de huit cent mètres de long, aux canons belliqueux pointés sur la mer, échoué comme une baleine. Vide, hanté.
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Au détour d'un amas de roches brunes ou voletaient des papillons, apparut, immense, le navire échoué.
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En tant que fils de la Mort, j'ai mené une vie de solitude, et ces deux compagnons étaient pour moi une douce renaissance.
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Nous l'accompagnâmes alors, longeant les rives verdoyantes de la tamise, puis les plages de sable doré et d'eau bleue.
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Grey nous déclara n'avoir trouvé aucun navire pour poursuivre son voyage, et Perikluto évoqua un bateau échoué à quelques heures de marche.
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Je présentais mes excuses à Grey et expliquais le décalage culturel légitime qu'il peut exister entre un plantigrade et un homo sapiens.
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Perikluto me demanda si elle faisait partie de mon clan, et si j'avais déjà copulé avec elle, et s'il pouvait éventuellement la manger.
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Sur la place principale baignée d'une fontaine, alors que j'évoquais mon échec à trouver Coriolis, nous croisâmes Grey.
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D'une expiration, nous déchirions le film et nous retrouvions de nouveau à Londres.
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Je hélais mon ami en lui disant que la guerre était finie, et que nous pouvions reprendre chemin.
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Le temps qu'ils s'en remettent et qu'ils rechargent, j'étais déjà sur eux à les assommer de mon parapluie.
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Je fis rayonner dans mon parapluie ouvert la puissance de mon souffle et les balles de leurs revolvers s'y écrasèrent mollement.
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Mais il est difficile de raisonner des hommes dont l'égo est de poudre et d'acier. Ils me provoquèrent en duel, très hollywoodien.
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D'ailleurs, les trois bougres l'interpellaient dans la rue. Je descendis promptement, et interpellais les malandrins.
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Il m'expliqua qu'il était coincé dans ce film depuis de nombreux mois. S'étant attiré l'inimitié des voyous du coin, il ne sortait guère.
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Perikluto est un ours savant. Il sursauta de peur, mais à la surprise succéda une chaleureuse étreinte.
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Pas de Brandy - damned ! - mais Perikluto s'était barricadé dans une chambre à l'étage. J'ouvris la porte d'un grand coup de pied.
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La rue était écrasée de soleil et j'avisais un Saloon proche. Je demandais un godet de Brandy et un étranger du nom de Perikluto.
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Je me nimbais de mon propre souffle et pénétrais dans le film. J'ai souvent fait ce type de voyage par le passé, c'est très simple.
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Le film ne montrait que la rue vide et poussiéreuse d'une ville des collines noires, et ce pendant des heures, en plan fixe. Terrifiant.
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Une vidéo cassette d'un western oublié me semblait irradier d'une énergie étrange. Je demandais à l'insérer dans un magnétoscope.
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Regrettant que l'hôtel n'ait pu me servir du Brandy, je concentrais la puissance de mon souffle dans mes yeux, pour voir l'invisible.
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L'homme me confia alors que Perikluto était quelque part en ces lieux...mais que seul moi pouvais le trouver. Tels étaient ses propres mots.
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Je tonnais de la voix et demandais à voir Perikluto. On me demanda si j'étais Blake, ce que je confirmais bien aimablement.
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La voix endormie du préposé aux locations prit l'initiative de me confirmer qu'il s'agissait bien d'un super film. Je levais mon parapluie.
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Je pris dans ma main gantée de noir une cassette du film "Réplicant" avec J.C. Van Damme. Un bandeau jaune fluo indiquait "Super Film !".
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L'établissement était recouvert de posters très eighties, peints, américains comme polonais. Les rayonnages étaient un peu pauvres.
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Laissant ma compagne d'un wagon, j'errais dans le petit village. Je me souvenais que Perikluto mon vieil ami y tenait un vidéo-club.
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Car voyez-vous, les hommes boivent du whisky. Mais le brandy...ah, le brandy...c'est pour les héros.
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Avant même de réserver une chambre je commandais un Brandy.
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J'offrais mon bras à Grey et nous avisâmes une maison bringuebalante et peinte d'un pauvre blanc qui se voulait un hôtel.
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Nous arrivâmes à Londres. Contrairement à mes souvenirs, la ville était désormais réduite à quelques habitations bucoliques et ensoleillées.
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Je fis une nouvelle fois ce rêve dans lequel mon père m'emmenait pêcher au bord de l'eau. Et me mettait en garde d'en remonter le cours.
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Alors que les rêves m'agrippaient, la jeune femme me demanda mon nom, et elle me confia s'appeler Grey.
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Ayant fait mon devoir, je me réinstallais paisiblement dans mon compartiment, tirant mon chapeau sur mon visage pour trouver le sommeil.
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Tandis que quelques gentlemen les ligotaient fermement, je décrochais les grappins leur ayant permis d'aborder nos wagons.
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Les brigands avaient déjà pénétré le train, et couraient dans les coursives. Sans mal, je les assommais un à un du plat de mon parapluie.
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Je saisis mon parapluie - noir, comme mon chapeau, mon manteau, et le voile qui recouvre mon visage - et priais la voyageuse de rester ici.
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Des bruits insolites attirèrent mon attention. Un groupe de brigands remontait la piste longeant le train pour l'aborder comme un navire.
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En face se tenait pensive une femme, belle, vêtue de gris. Elle me confia espérer prendre un bateau de Londres pour se rendre à Troie.
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J'étais dans un compartiment capitonné de cuir dans un train ondulant pour une cité nommée Londres. Nous traversions une forêt touffue.
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En 10 ans j'ai foulé bien des contrées et lu bien des ouvrages sur Coriolis, mais ma quête fut un échec. Je me résolus à retrouver mes amis.
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Et enfin, moi, Blake, votre serviteur, fils de la Mort, devait trouver l'emplacement mystérieux de la cité de Coriolis.
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Omega, fille du Savoir, devait trouver la chose la plus secrète au monde.
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Perikluto, fils de l'Astuce, devait trouver le moyen de réparer la chose la plus difficile à reconstruire au monde.
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Nous étions trois amis...très particuliers. Il y a dix ans de cela, nous avons fait un pacte.