samedi 30 mars 2013

Une bonne et une mauvaise métaphore

Je vais vous parler d'une métaphore qui m'a longtemps laissé perplexe et qui pourtant est enseignée en cours de sciences physiques (ou du moins l'était quand j'étais en quatrième).

La métaphore est celle du "maître nageur" concernant les règles de réfraction de la lumière. A noter que cette métaphore  figure dans l'article Wikipédia sur la Réfraction :

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9fraction

Un mot sur la Réfraction avant d'aborder la métaphore :

La réfraction est le phénomène physique qui fait qu'un rayon de lumière change sa trajectoire quand il réfléchit ou traverse une surface.

Illustration :



Dans la photo ci-dessus, au contact de l'eau, la barre de métal semble se fléchir.

Les angles d'entrée et de sortie sont liés par une relation très simple dite loi de Descartes.

Au lieu de nous dire "c'est comme cela et puis c'est tout", (un peu comme on nous dit "les surfaces noires absorbent la lumière et puis c'est tout"), mes professeurs de physique successifs et Wikipédia tentent de nous faire comprendre le principe fondamental derrière ce phénomène en invoquant "la métaphore du maître nageur".

Cette métaphore est la suivante :

Un maître nageur aperçoit quelqu'un en train de se noyer à distance. Il court sur le sable puis plonge dans l'eau pour sauver le malheureux. Comme il court plus vite qu'il nage, il va couvrir un maximum de distance sur le sable puis minimiser son trajet dans l'eau.

Wikipédia nous fournit le diagramme suivant :


Bon là, c'est pas quelqu'un qui se noie mais une bouée. On voit que parmi les différents cas possibles, celui du milieu est optimisé par rapport à la vitesse de la course sur le sable et de la nage. Ce chemin est le chemin optimal, comme celui emprunté par la lumière alors qu'elle traverse une surface différente. (le sable et l'eau sont néanmoins de bonnes métaphores car la lumière ne va pas aussi vite dans le vide, dans l'air et dans l'eau et ce sont ces différences de vitesse, qui interviennent dans les lois de Descartes, qui provoquent cette illusion).

Personnellement, cette métaphore ne me convenait (et ne me convient) pas du tout.

Mon problème venait que dans la métaphore :

1) le maître nageur va rejoindre un point précis (la bouée) dont il a connaissance AVANT de prévoir son parcours.

2) le maître nageur connaît à l'avance ses capacités de course et de nage.

Accepter cette métaphore c'est accepter que la lumière "planifie intelligemment" son parcours. 

Après tout pourquoi pas ? On voit des choses si surprenantes dans le domaine des particules...mais c'était curieux quand même.

Cependant, j'ai eu la chance de poser plusieurs fois le problème à des spécialistes (moi, quand j'ai une idée, je la lâche pas !) et ils m'ont répondu "et oui, c'est là qu'on voit les limites des métaphores".

Mais ils m'en ont proposé une autre, bien plus satisfaisante, pour expliquer la diffraction :

Le rayon de lumière est comme une file de soldats qui avancent sur le bitume, très proches les uns des autres. Tout d'un coup, la route de bitume laisse place à du sable très mou. Le peloton va être donc à moitié sur le sable et à moitié sur la route. Or, la partie sur la route avance à un bon rythme, tandis que celle sur le sable va avoir des difficultés à avancer. Donc, pour que le peloton garde néanmoins sa rectitude, il va se "plier" pour gagner le petit morceau de terrain nécessaire pour gérer la décélération de l'avant.

Et du coup j'ai depuis développé ma PROPRE métaphore : vous savez parfois, vous êtes sur un escalator et devant vous il y a des gens qui marchent plus lentement que l'escalator monte. Donc il y a une cohue au moment de la transition et du coup les lents doivent se mettre sur le coté. 

Pensez-y la prochaine fois que vous prenez un escalator !

jeudi 28 mars 2013

Si vous voulez rester en vie, ne prononcez pas ces mots - de la Peste au Kibozing


Le langage est un outil merveilleux de l’homme qui a sa mythologie ; les chrétiens ne disent-ils pas “Au commencement était le Verbe“ ?

Il est curieux de noter que, de façon constante au fil des siècles, on a confondu la chose tangible et son idée abstraite, c’est à dire son nom, ou, pour reprendre les termes du roman de science-fiction Les joueurs du A - repris ensuite par ce nerd de Houellebecq - on a confondu la carte et le territoire.

De façon constante...jusqu’à l’arrivée d’internet, qui sans ôter le sacré du mot, a inversé notre attitude face à lui.

Le mot, objet de crainte

L’expression courante veut que “si l’on parle du diable, on en voit la queue” ou du moins on le voit apparaître.

Il y a bien sûr toute une dimension psychanalytique dans cette affirmation : si par exemple vous n’avez jamais volé et que vous ne savez pas ce qu’est un vol, vous n’aurez pas raison d’en commettre un.

La question du diable est cependant très liée à la religion, et au 3ème commandement : “tu n’auras qu’un seul dieu”. Ainsi les chrétiens très stricts sur l’observance de leurs rites ne mentionnent même pas le diable de peur de le voir supplanter leur propre dieu.

On dit aussi “quand on parle du loup, on en voit la queue”...mais en France au moins, on ose dire le mot “loup” (sauf quand il est vraiment terrible, comme la bête du Gevaudan).

Effectivement, dans les pays scandinaves, s’il existe des mots pour désigner le loup, celui-ci inspire une telle terreur qu’il était supposé que la seule mention de son nom plonge les gens dans le malheur. Ainsi on le désigne par le mot Varg, signifiant “tueur”.

Le familier Bear, ours en anglais, n’a pas toujours été le charmant teddy bear épargné un jour de chasse par le président des Etats Unis. Bien qu’il existât dans les temps anciens un mot précis dérivé de la racine latine ursa pour désigner l’ours, on parlait de lui comme “The Brown One”, c’est à dire “celui qui est marron”, contractée au fil du temps en Bear. Ainsi, certains de nos mots modernes sont le résultat de mécaniques conscientes d’oubli de mots anciens par peur du pouvoir de ceux-ci.

L’ours terrifiait l’Europe. On utilisait pratiquement partout des euphémismes pour le désigner, et le finnois a une cinquantaine de périphrases pour parler du mangeur de miel des forêts. Cette attitude n’est pas propre à l’Europe, mais à toute civilisation nantie d’un langage ; ainsi les Mayas désignaient le Jaguar sous le nom de “Patte écarlate”, bien qu’un nom existe dans leur langue pour le mot Jaguar.

La Peste, puisqu’il faut l’appeler par son nom...

Cette superstition d’un pouvoir magique lié à la parole est toujours vivace. Il est rare qu’un corse ou qu’un méridional vous fasse un compliment : par perversion culturelle, même une parole bienveillante peut se retourner contre celui qui en bénéficie. A titre d’anecdote, quand un médecin de famille doit annoncer une bonne nouvelle, cela dégènère en conflit impossible : “d’après vos examens, vous n’avez pas de cancer madame !” - “Mais pourquoi vous me parlez de cancer, vous me voulez du mal ?”.

Une autre tradition du sud veut que l’on rajoute “Dieu le bénisse” ou que l’on fasse “les cornes”, un signe rituel, lorsque l’on fait un compliment et ce afin de déjouer le mauvais sort, par exemple “Votre fils est très beau, Dieu le bénisse”.

Avec l’évolution, ces superstitions modernes ont pénétré l’imaginaire des loisirs et du cinéma : dites trois fois Bloody Mary ou Hastur et des créatures abominables viendront vous hanter, répondant à votre appel.

Et bien entendu, le spectre de Voldemort, celui que l’on ne doit pas nommer, sinistre antagoniste de la saga Harry Potter, plane sur l’imaginaire des années 2000.

Le kibozing, ou l’internet qui transforme le mythe en réalité

La culture par essence écrite de l’internet est moins de la littérature classique qu’une discussion parlée dont le média serait l’écrit. Ainsi, on parle chat plutôt que correspondance, post plutôt qu’essai.

Et si donc dans cette culture de la “parole digitale”, on invoque le diable, vient-il nous montrer sa queue ? Un peu, avec les moteurs de recherche (et certains spécialisés), mais ce n’est pas tout.

Avec internet, derrière le pseudo, il y a directement l’individu. Et, moteurs de recherche aidant, l’individu peut apparaître magiquement lorsqu’on l’invoque.

Allez, vous même vous avez, et pas qu’une fois, mis votre nom dans la barre de recherche Google. Certaines personnes le font régulièrement - un petit brin de paranoia nommé e-reputation.

Aux débuts de l’internet il y avait un réseau de partage d’information fondamental, aujourd’hui tombé en désuétude, appelé Usenet. James Parry, connu sous le nom de Kibo, un des utilisateurs de Usenet à l’humour bien tourné (et qui concluait tous ses posts d’une signature interminable), intervenait dans chaque post mentionnant son nom, comme le diable des légendes.

Une pratique étonnante qui a fondé le terme un peu oublié aujourd’hui de kibozing (c’est à dire intervenir compulsivement dès que son nom est mentionné) et lui a valu des articles et interviews dans aussi bien Wired que Playboy.

Un autre nom éloquent pour le kibozing : l’egosurf. Egosurfez-vous régulièrement ?



En 2010 Alec Brownstein détourne l’égosurf à son avantage en mettant sur Adwords une publicité réagissant aux noms des grands directeurs d’agence de com et liée à son CV

Kibo a fait beaucoup d’émules, en fait, à l’ère des réseaux sociaux, le kibozing n’est rien d’autre que de la gestion de sa propre image (personal branding).

Il est amusant de constater qu’aujourd’hui, lorsqu’on veut parler discrètement de quelqu’un, on utilise des techniques que les anciens scandinaves craignant leurs vargs n’auraient pas renié : par périphrases, ou en ajoutant des espaces dans le pseudo pour éviter que celui-ci soit indexé par Google.

Cependant, le kibozing va aujourd’hui plus loin que cela : les services internet se structurent techniquement pour que vous soyez averti de la mention de votre nom.

C’est le cas sur twitter où l’un des services fondamentaux - et l’une des grandes valeurs ajoutées, est précisément le filtre qui permet de déterminer les tweets dans lesquels votre pseudo est mentionné.


Ainsi, contrairement au diable des légendes, internet a renversé totalement la situation : on invoque le nom de certaines personnes et il est attendu, normal qu’elles y répondent. La mention d’un nom est un quantificateur de notoriété, notoriété qui aujourd’hui est un réel capital, qui bien géré draine des flux économiques. Nier cet appel revient dans une logique primaire à dilapider son capital.

On évoque ainsi, massivement, des évènements auprès d’idoles modernes connectées et pourtant pas plus tangibles pour le commun des mortels que le diable, et ces requêtes structurées, plus fortes que toutes les prières des religions classiques, se transforment en réalité.

Autrefois, on reconnaissait le diable, ou le loup, du commun des mortels, parce qu’il était réputé se montrer, comme par un don d’ubiquité et de prescience magique, à la simple évocation de son nom.

A présent que via internet tous les mortels disposent de cette ubiquité et de cette omniscience, il est certain que lorsqu’on parlera désormais du diable, par nécessité de se distinguer des simples hommes, il sera le dernier à se montrer.

mercredi 27 mars 2013

Battlefield 4 n'est pas un jeu de guerre réaliste

Bonjour,

J'aime beaucoup l'armée. C'est vrai !

Je connais des tas de devises de corps d'armée, je suis très fier de nos commandos et de notre légion étrangère, et il m'arrive même d'acheter des magazines professionnels. Je trouve les enjeux psychologiques d'une armée efficace fascinants. Et puis la façon de mener la guerre change...disons plutôt qu'on donne le qualificatif de "guerre" à des échanges tactiques alors que la vraie guerre entre armées professionnelles a tendance à disparaître.

Donc, EA va sortir un nouveau Battlefield, Battlefield 4. J'aime bien la licence depuis "Bad Company", même si en tant que jeu pur sa qualité reste discutable.

C'est très scénarisé, très beau, et le son est fabuleux, regardez :



Je pourrais expliquer pourquoi j'ai l'impression qu'on va se faire chier, ou, comme dans la Favela de Battlefield 2, on va passer à toute vitesse dans des environnements sublimes que nous aurons oublié une fois le jeu fini (au bout de 5h).

Effectivement, les solos de battlefield sont un peu comme les "nouvelles d'introduction" qui mettent dans l'ambiance quand on achète un produit comme un jeu de rôle ou un jeu vidéo. Chiadé, ponctuel, histoire de poser le contexte avant de s'entredéchirer en multi.

Je pourrais également redire ce que j'ai déjà dit sur l'absurdité de pousser à ses limites la mimesis (je l'ai déjà fait dans cette vidéo : http://vimeo.com/50919776 )

En fait je vais juste donner les points pour lesquels selon moi, et c'est le plus grave, Battlefield n'est pas un jeu de guerre réaliste, et ce sans faire mention du grand guignol de la mise en scène.


1) Le vocabulaire utilisé n'est pas le bon

Ok des bâtiments leur tombent dessus, ils alignent les shit shit shit façon Gears of War, ils fourguent deux mots ici et là style "Intel" mais le vrai vocabulaire technique de l'armée n'est pas utilisé.

Les mecs de l'armée, notamment de l'infanterie, ont hyper codifié et normalisé leur façon de parler, ils disent "le cheminement" pour le chemin entre votre position et l'objectif, ils disent "personnel" pour un individu, ils utilisent des mots compliqués comme "véhicule aéroporté" pour dire avion. Et ce même dans l'infanterie et même sous le feu, et surtout sous le feu, ces mots sont fait pour être entendus malgré le désordre sonore ambiant et éviter la confusion aux moments critiques.

Quand la logistique leur dit "montez dans le chopper", c'est le Michael Bay qui écrit, pas l'expert militaire.

Pourquoi ne pas utiliser un vocabulaire plus pro ? Cela donnerait une dimension très forte à très peu de frais au jeu.


2) Les lignes de front sont trop mobiles

Les échanges au fusil d'assaut entre armées professionnelles sont assez rares mais quand ils existent des lignes de front s'établissent et ne bougent pas.

Quand vous avez un sniper dans un bâtiment en face de vous, vous avez un problème qui peut durer des jours et qui se résoud généralement au bombardement. Et oui, c'est chiant quand des mecs avec le même armement que vous se planque à 30 mètres, mais c'est le principe des guerres de tranchées, et la grande leçon de la 1ère guerre mondiale (1,4 millions de français morts au combat) c'est que charger à l'ancienne face à une mitrailleuse ne donne pas de résultat.

C'est face à ces "problèmes" que diverses tactiques se mettent en place, la grenade bien sûr, mais aussi tout simplement il arrive qu'on en vienne à parler avec l'ennemi. Pour prendre un exemple très différent mais réel, le GIGN a parlé 24 heures avec Merah tout en échangeant des assauts de fusil d'une centaine de balles.

Dans Battlefield 4, tranquilou le héros charge et va même jusqu'à dézinguer les adversaires par derrière, au couteau.

Pourquoi ne pas respecter la difficulté de progression d'une ligne de front ? On pourrait au moins profiter de ces magnifiques paysages...


3) La guerre, c'est souvent la non-action

Le film Jarhead est éloquent à ce sujet : la guerre, c'est marcher 40 km dans le désert, attendre deux mois sans rien faire, aligner enfin une cible au fusil pour que finalement votre commandement vous dise "bougez pas finalement on le bombarde".

Battlefield, c'est au contraire un concentré d'action. En tout cas ces 13 minutes de gameplay en comportent 11 d'action trépidante. Je pense que cela nuit à l'ambiance.

Aucun jeu de guerre ne laisse aujourd'hui l'opportunité aux joueurs de se poser les questions fondamentales de la vie et de la mort, au mieux elles sont jetées de force au visage des joueurs comme dans Spec Ops.

Les déserts qui ont été le théâtre de nos guerres récentes ne sont-ils pas la matérialisation, ou l'augure, d'un monde sans vie ? Le ciment gris des métropoles en décombres ne rappelle-t-il pas l'amertume d'une vie de combats ?

Si je comprends qu'un jeu vidéo, et à plus forte raison, un jeu vidéo vitrine, doit comporter une série de scènes marquantes (surtout pour un testeur qui n'a pas toujours le temps), je suis déçu qu'aucun à ce jour n'ait envisagé une approche alternative.




4) le ratio d'opposants est irréaliste

Jusque vers la 2ème guerre mondiale dans laquelles les soldats étaient monsieur-tout-le-monde (remarquez qu'au moyen orient, tous les gens qui se battent sont d'anciens monsieur-tout-le-monde), le ratio d'opposants étaient de 1:1, autrement dit, un soldat tuait un autre soldat ennemi avant de lui même mourir, en moyenne.

Ce qui simplifiait les batailles, vu qu'il suffisait d'avoir le plus de soldats pour gagner.

Les ratios des armées professionnelles modernes ne peuvent pas être établis avec certitude, étant donné les nouveaux aspects de la guerre, on sait qu'en gros la légion étrangère a un ratio de 1:10, mais à part ces durs à cuire et leurs homologues dans les autres armées, il doit être encore assez bas étant donné que la Chine, par son nombre d'habitants (et le caractère assez monolithique de leur comportement) est considérée comme une puissance militaire écrasante par les experts.

Mais là dans Battlefield et dans n'importe quel shooter de "guerre", on est 1 ou 4 contre 30, 60 personnes. On est SEULS contre des TANKS ou des véhicules armés.

On bascule très rapidement dans la fiction.

Diminuer le nombre d'ennemis mais les rendre plus coriaces, ou tout simplement, équivalent à vous, c'est à dire avec une vie qui se régénère...remettrait les pendules à l'heure.

Pourquoi chaque héros de FPS est "naturellement" un Dieu dont la santé remonte d'un coup ?


5) Les armes se fatiguent

Parfois, on achète un fusil et il ne marche pas. Comme pour n'importe quel appareil, d'ailleurs.

Mais en tout les cas, un fusil, on l'utilise un peu, puis on l'entretient. Il est irréaliste d'avoir des armes soumises à des contraintes permanentes en terme de chaleur, de choc et de poussière, voire d'eau, sans qu'elles ne s'enrayent "rapidement", c'est à dire en moins d'une heure.

Les échanges armés (ou même mafieux) sont très brefs, cela dure trois secondes. Mais si vous tirez avec le meilleur fusil d'assaut sans vous arrêter, c'est comme si vous rouliez au MAX de la vitesse possible avec la meilleure voiture du monde, c'est pas fait pour cela, et elles s'enrayent.

Notez que Far Cry 2 avait implémenté cette feature, que les joueurs ont detesté. Ils préféraient être des dieux avec des équipements divins, certainement.


6) Les ennemis (et le héros) sont des robots

Passons sur le héros qui tire et qui transporte un arsenal en courant. C'est très lourd. Si vous avez une constitution normale et que vous faites un petit tour avec un fusil d'assaut à bout de bras, vous allez être fatigué. Mais lui, il a aussi un fusil à canon scié et un lance grenades, avec maousse munitions.

Admettons. De plus, il tire sans arrêt. Je vous invite à essayer de tirer avec un fusil d'assaut. Il faut bander tous vos muscles du bras, sinon vous allez vous faire très mal. Et même avec l'habitude, vous vous prenez une putain de tape sur l'épaule. Donc notre héros bande ses muscles en PERMANENCE et transporte en PERMANENCE l'équipement d'un tank.

Mais ce n'est pas le plus choquant.

Ce qui m'a motivé à écrire cet article est le tout premier échange de feu au début de la démo.

Le héros tire à travers la vitre un ennemi. Comme ce n'est pas le proverbial headshot, celui-ci se relève aussitôt, et tire en retour. Le héros tire à nouveau sur l'ennemi. Celui-ci se relève aussitôt à nouveau et tire en retour (à noter qu'il tire sur une autre cible, WTF). Et enfin le héros l'abat.

C'est complètement irréaliste à plusieurs titres.

L'irréalisme psychologique est flagrant : vous venez de vous prendre une rafale de balles, vous vous planquez et vous pleurez. Ou si vous êtes Bruce Willis dans la Nakatomi Plaza Tower, vous vous dites "réfléchissons, réfléchissons". Mais vous ne vous relevez pas. DEUX FOIS.

L'irréalisme physique est aussi grand. Une rafale de balles, ca vous cloue un homme. Si vous avez la protection adaptée, cela vous met sur le dos et vous allez avoir le souffle coupé pendant une minute.

C'est pas bien compliqué à coder. Et cela ne rend pas le jeu forcément plus facile.

A ce titre, le toujours décrié Far Cry 2 gérait des "demi-morts" assez finement : si vous blessiez un ennemi, celui-ci faisait le mort et se trainait contre un mur ou un véhicule pour reprendre son souffle (pendant que d'autres lui venaient à l'aide, la classe). Et là, il prenait un pistolet façon Bruce Willis et vous attendait.

Pour conclure, je rêve d'une simulation de légion étrangère ou le héros devrait :

- apprendre à parler le français
- gérer son endurance avec des marches de 40 kms dans le désert
- apprendre des chansons style tiens voilà du boudin
- tuer UNE SEULE cible ou juste faire des repérages sans être vu
- apprendre à lutter contre le sommeil, la fatigue
- être écoeuré de trouver un pack de munitions, car ca en fait plus à transporter
- pleurer de fatigue ou de nostalgie

...détester la guerre, mais aimer l'armée.

samedi 23 mars 2013

Studio404 de Mars, c'est Awesome et j'y parle des Attention Whores

Hello,

Le fantabulous Studio404 de Mars a été publié il y a bien longtemps déjà, le voilà (mais je pense que vous l'avez déjà écouté !).

J'y parle d'un sujet que je connais bien de l'intérieur, les Attention Whores. De façon erronée certains auditeurs ont estimé que nous estimions que les Attention Whores étaient uniquement des femmes, car dans la francisation du terme nous l'avons naturellement féminisé (dans notre tête, "pute" pour "whore"). Cependant le premier exemple concret factuel donné concerne un homme.

Donc n'importe qui peut-être un(e) attention whore, moi le premier ! (et je suis hum, un homme)




De plus, ne manquez pas les 5 secondes de fin où l'on parle d'un évènement plutôt cool : une soirée (gratuite), la soirée 404 à Paris ! (Ce sera assez central et cela se passera le 04/04, stay tuned !).

Voici toutes les infos sur la soirée ici :

http://www.facebook.com/events/232071120271457/

Venez !

Comme à l’accoutumée, voici ma chronique en entier + les notes :


Au début, on a pensé que c’était un manque d’amour.

Comme le gamin qui fait des bêtises pour que ses parents fassent attention à lui, des gens arrivent sur internet et font TOUT pour que vous vous intéresseriez à eux : ce sont les attention whore - “ceux qui se prostituent pour un peu de reconnaissance”.

A quoi reconnaît-on un(e) attention whore ? Quelques exemples...

- Juste à la photo ! Mettre en avant ses atouts physiques ou en ayant une posture décalée avec ce que l’on attend d’un réseau social disons non sexuel. Ca peut aller jusqu’à la Sex tape...

- Inversement, mendier de l’amour passivement ou activement sur Internet - le status Facebook qui dit “c’est pas grave, c’est juste une journée pourrie...” ou les Divas qui disent “Ca y est, je quitte Twitter...”

- Et les fameux humblebrags - la fausse modestie, en voici une prise sur le compte twitter @entoutemodestie : Bertrand Dicale - Journaliste France Inter - Twitter, c'est parfois gênant quand tu découvres que quelqu'un que tu admires éperdument a moins de followers que toi.

Et c’est là qu’on voit...que l’attention whore cherche de l’attention, pas de l’amour ! C’est un peu le parisien qui parle fort au restaurant pour être sûr que ses voisins de table entendent !

Parce que sur Internet, et Sylvain va nous le dire, tout se quantifie, et l’attention whoring a un impact direct sur nos “stats” - nombre de like, de retweets.

Et pourquoi c’est important les like ?

Parce que Facebook, ce site à un milliard d’internautes VEND de l’audience, c’est son PRODUIT. Elle a de la VALEUR. Nous sommes à une époque ou Michael Vendetta et Paris Hilton vivent et vivent bien sur le fait d’être “famous for being famous”.

L’attention whore est donc en recherche non pas d’amour mais d’existence, ce qui peut parfois signifier l’inverse de l’amour - les gens se clashent pour avoir, par répercussion, de la notoriété - qui peut servir à accomplir des projets.

Et cet attention whorisme peut influer en retour notre propre vie - qui n’a pas fait un petit détour pour faire une belle photo sur Instagram pour avoir des like ?
Moi je l’ai fait !
Et demain peut-être même qu’on fera des voyages !

Compléments d’info

Attention Whores notables :

Kim Kardashian (celle qui revient le plus !)
Paris Hilton
Demi Moore and Ashton Kutcher
Beyonce
Katy Perry

Typologies de l’attention whore :

- La scenewhore : celle qui prétend appartenir à une sous-culture pour exister par sa différence, par exemple : une fille chez les nerds.

- La Drama Girl : celle qui maintient un effort continu pour animer une communauté autour d’elle avec des ragots, des photos de nu...presque exclusivement par DM. Parfois utilisé par des hommes se faisant passer pour des femmes...

- La Drama Queen, reine des Drama Girl, avec une particularité : 100% de ses actions la concernent ELLE

- La Cam Whore : boobs, plongée, courses aux vues...avec monétisation

- La Comment Whore : elle poste “first”, des messages cryptiques vaguement sexuels ou émotionnels, etc...

- La “prostitot” : des filles de 5 ans habillées de façon sexy...

Et plus récemment la “YOLO whore”.

L’image ayant tout lancé :



Techniques développées de l’Attention Whore :

- Développer des scandales sur des sujets futiles
- Inventer des drames fictif (Affaire Salomé et Noa)
- Poster des photos aguicheuses
- Crier son orientation sexuelle
- Les flames wars
- Commenter ses propres photos
- Annoncer que sa vie est géniale sans en préciser les raisons
- la vidéo de reply avec boobs sur youtube (on parle de Reply whore)

Affaire Noa et Salomé

Des jumelles françaises. Noa décède d’un cancer, elle racontait sa vie sur les réseaux sociaux. Sa jumelle Salomé a poursuivi sa participation après la mort de Noa...mais serait tombée malade aussi, et raconte son “calvaire”. Son récit émeut un grand nombre de personnes qui se mobilisent pour apporter cadeaux et soutien. Cependant des détails ne collent pas et des personnes mènent l’enquête. Le pot aux roses est découvert : ni Noa ni Salomé (qui s’appelle Odile) ont vraiment existé...

Article plus complet ici :

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110303.OBS9088/enquete-les-tribulations-d-une-serial-menteuse.html

Tomb Raider & Another World

Hello,

Deux petits articles publiés sur le + obs :

Le premier concerne Tomb Raider.

Il fallait un angle original pour traiter le problème différemment de la concurrence (autre chose que "les cosplays les plus sexy de Lara" ou "pourquoi ce nouveau Tomb Raider est trop bien").

J'avais proposé (je vous coupe / colle mes propositions ):


1) Le casier judiciaire de Lara Croft ou "Lara Croft en prison !"

Et oui Lara Croft a commis des crimes : meurtres, chasse d'espèces protégées, pillage de tombes (duh !), destruction de patrimoine...etc...

2) C'est classique mais on peut aussi parler des Lara Croft Girls, d'abord Katie Price, puis j'ai oublié, puis Angelina Jolie...avec un twist qui expliquerait qu'avec la modernisation des techniques graphiques on ait moins besoin de faire incarner Lara par un modèle vivant.

3) On pourrait faire un portrait croisé fictif : que pense Indy de Lara et vice-versa ? 

4) On pourrait aussi faire un test caricatural "Etes vous Lara Croft ?" avec des questions style "vous êtes devant un temple oublié que faites vous ? a) je casse des caisses b) je fais tout exploser c) je pousse au hasard des énormes pierres"

5) Je pourrais écrire un article "Quel serait selon moi le Lara Croft idéal ?". Je pourrais demander à  des acteurs du jeu vidéo. On compilerait 7-8 témoignages.

C'est le sujet 1 qui a été retenu.

Et donc j'ai fait cet article, qui paradoxalement a été moins lol que prévu :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/794701-tomb-raider-le-vrai-casier-judiciaire-de-lara-croft.html

Ensuite on m'a relancé sur le MoMa. 

Le MoMa a ouvert sa section JV. C'est un sujet vraiment énorme, parce qu'ils s'occupent du code source, cela redéfinit le métier de conservateur, ils incluent le jeu vidéo dans une section de design technologique général, il y a un français exposé...on pourrait faire mille articles.

Je ne comprends pas pourquoi la presse JV n'en parle plus alors que l'actu JV est vraiment morose...

Nous avons retenu, cocorico, l'angle français. Ce qui ne me déplaît pas !

Voici l'article :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/796144-jeux-video-exposes-au-moma-de-new-york-une-reconnaissance-bienvenue.html